Zone 51 : au cœur du secret militaire des Etats-Unis - Vu 10404 fois.
Située près de la ville de Rachel, à 160 km au nord-ouest de Las Vegas (Nevada, Etats-Unis), la base aérienne de Nellis Air Force Range (NAFR) abrite une zone d’essais top-secrets connue sous le nom de Zone 51. Ce rectangle d’environ 155 km2 formé d’une vallée – Emigrant Valley – bordée par des chaînes de montagnes, et du lit d’un lac asséché – Groom Lake – ne figure étrangement sur aucune carte officielle du gouvernement américain. Et si celui-ci a bien fini par reconnaître l’existence d’un complexe militaire composé de hangars et de pistes d’atterrissage sur le site de Groom Lake, il a en revanche toujours refusé de se prononcer sur la nature exacte des activités qui y étaient menées. Ces réserves ont contribué à alimenter les spéculations les plus folles au sujet de la Zone 51 : centre de développement d’avions militaires secrets, site d’entreposage et d’étude d’appareils extra-terrestres récupérés après leur crash, et même siège d’un gouvernement mondial secret abritant des représentants de civilisations extra-terrestres ! Tordant sciemment le cou aux rumeurs, ce documentaire tente une approche sérieuse et documentée de la Zone 51 et fait le point sur ses activités actuelles… dans la limite des informations dont il dispose !
. Prototypes d’avions secrets
La Zone 51 est née d’une volonté du gouvernement américain d’entourer du plus grand secret ses recherches sur le développement de nouveaux avions espions, en pleine Guerre Froide. En 1955, la firme Lockheed travaille en effet pour le compte de l’armée de l’air à la conception d’un avion espion destiné à être utilisé dans le cadre de missions de repérage aérien au dessus de l’URSS. Pour finaliser les essais de ce prototype, elle a besoin de trouver un site isolé d’où l’avion pourra décoller et atterrir loin de tout regard indiscret. Le pilote d’essai Tony LEVIER est ainsi sollicité pour survoler les environs de Las Vegas à la recherche de l’endroit parfait. Il découvrira bientôt celui-ci sur le site de Groom Lake, dont le lit asséché semble idéal pour la construction d’une piste d’atterrissage.
C’est ainsi que les premières installations de la Zone 51 voient le jour. Elles permettront de finaliser la construction de l’avion espion U2, un engin de reconnaissance aérienne capable de voler à très haute altitude pour échapper aux radars. L’U2 sera utilisé durant une bonne partie de la Guerre Froide pour survoler l’URSS et repérer les sites de lancement de missiles nucléaires. Par la suite, la Zone 51 continuera à abriter les principaux projets de recherche liés au développement de nouveaux avions secrets, tel que le SR-71 Blackbird, capable d’atteindre la vitesse de mach 3 à très haute altitude, ou le D-21 Tagboard, un drone supersonique pouvant être lancé depuis l’arrière modifié d’un bombardier B-52. Plus récemment, c’est dans les installations de la Zone 51 qu’aurait été conçu l’avion furtif F-117.
. Zone ultra sécurisée
Ces essais secrets ont beau se dérouler dans une région particulièrement isolée, la Zone 51 finit quand même par attirer l’attention du grand public. Crashs d’avions-prototypes, engins étranges aperçus dans le ciel, apparition de lumières mystérieuses : la Zone 51 devient bientôt le nœud d’un mystère auquel vont s’intéresser experts en technologies militaires secrètes, ufologues, conspirationnistes, ou simples citoyens soucieux de connaître une vérité que le gouvernement américain s’acharne à dissimuler (la Zone 51 est absente des cartes officielles).
Pour lutter contre cet élan de curiosité malvenue, les autorités décrètent un périmètre interdit ainsi qu’une zone d’exclusion aérienne autour du site de Groom Lake. Au fur et à mesure qu’on se rapproche de la Zone 51, on voit ainsi fleurir les panneaux d’avertissement, puis d’interdiction menaçant de « l'usage de force pouvant entraîner la mort » quiconque oserait outrepasser ces mises en garde. Des patrouilleurs, appelés « camo dudes » (mecs camouflés), à bord de camionnettes Jeep Cherokee blanches, se chargent de dissuader ceux qui, témérairement, s’approcheraient d’un peu trop près du périmètre interdit, tandis que des hélicoptères HH-60 Pave Hawk et des avions de chasse se tiennent prêts à intervenir en cas de violation de la zone d’exclusion aérienne. Le public en est donc réduit à se regrouper sur des sites d’observation éloignés de Groom Lake, tel que celui appelé « Boite aux lettres noire ». Il s’agit d’un champ situé le long de l’autoroute 375, également appelée « l’autoroute des extraterrestres » en raison du grand nombre d’observations d’engins volants non identifiés et de lumières mystérieuses qui auraient été faites à proximité. Mais ces apparitions étranges ne sont qu’une carapace de folklore recouvrant un secret autrement plus hermétique : celui qui se cache au cœur de la Zone 51 et de ses installations.
. Site désaffecté?
En 1997 un certain émoi secoue la communauté de ceux qui s’intéressent à la Zone 51. Le journaliste Jim WILSON révèle dans un article qu’une grande partie du personnel et des installations de la base de Groom Lake auraient été déplacés jusqu’à un nouveau site – un complexe de lancement de missiles – situé dans l’Utah. Que cache au juste cet étrange déménagement ? Face à l’intérêt de plus en plus en plus grand du public pour la Zone 51, les autorités auraient-elles décidé de « déménager » celle-ci, ou bien n’est-ce qu’une manœuvre de diversion destinée à relâcher l’attention dont elle fait l’objet ?
Pour s’en rendre compte, Steve HAUSER, un passionné de la Zone 51, n’a pas hésité à braver les interdictions officielles afin d’observer la base de Groom Lake depuis l’un des sommets montagneux qui entourent le site. Muni d’un puissant télescope couplé à une caméra, il est parvenu à réaliser des images de ses installations secrètes. Celles-ci révèlent la présence d’immenses pistes d’atterrissage, ainsi que de nombreux baraquement et hangars. Mais l’intérêt de ces images n’est pas tant dans la présence de ces installations que dans les mouvements qui s’effectuent sur la base. Cette agitation démontre en effet que, loin d’être désaffectée, la base de Groom Lake est au contraire au cœur d’une activité importante, comme en témoignent les navettes de Boeing 731-200 transportant du personnel depuis Las Vegas. Steve HAUSER a également filmé de nombreux avions militaires décollant ou atterrissant de la base. Étonnant pour un lieu qui est censé être en voie de désaffection !
. La Zone 51 vue du ciel
Malgré leur intérêt, les images de Steve HAUSER sont cependant prises de trop loin et ne permettent pas de se faire une idée précise de ce qui se passe réellement sur le site de Groom Lake. Il existe heureusement un moyen de contourner les interdictions d’approche officielles : l’espace et ses satellites d’observation. La société privée Space Imaging, qui possède le satellite Ikonos, fait partie de ces sociétés privées capables aujourd’hui de lever une partie du mystère qui recouvre la Zone 51. John DULONG, l’un des techniciens, explique ainsi la manière dont les images sont prises depuis l’espace, transmises par faisceau puis traitées et enregistrées sur un support physique – disque dur ou cd-rom – afin d’être analysées. Bien entendu, le gouvernement américain possède un droit de regard qui lui permet de bloquer la diffusion de certaines images si celles-ci représentent un risque pour la sécurité intérieure du pays. Mais bizarrement, ce veto n’a pas été utilisé lorsque Space Imaging a photographié la Zone 51 depuis l’espace. Est-ce parce qu’il n’y avait rien à voir, ou parce que rien de ce qui aurait pu présenter un intérêt quelconque pour le public n’était visible ?
Analyste au sein de Global Security, un groupe de réflexion à but non lucratif spécialisé dans la diffusion d’images d’installations militaires à des fins citoyennes, Tim BROWN commente ces prises de vue de la Zone 51. Si elles ne montrent rien de très spectaculaire au premier coup d’œil, la comparaison de différentes photographies étalées dans le temps permet tout de même de tirer un certain nombre de conclusions intéressantes. Elle démontre tout d’abord que, loin d’être désaffecté, le site de Groom Lake s’est développé de manière significative depuis sa création jusqu’aux années 2000, s’enrichissant régulièrement de nouvelles installations : pistes d’atterrissage, parkings, hangars. Ensuite, il apparaît clairement que certains bâtiments aux proportions démesurées ont pour vocation de servir de « boucliers célestes », dissimulant les activités de la Zone 51 au regard scrutateur des satellites. Les activités sensibles de la base seraient ainsi confinées à l’intérieur de ces hangars, rendant impossible tout repérage. Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le gouvernement américain ne s’est pas opposé à ce que le site soit passé au crible de l'imagerie satellite.
. Archéologie aérospatiale
Une autre voie d’investigation a été initiée par Peter MERLIN, qui se définit lui-même comme l’inventeur de « l’archéologie aérospatiale ». A l’aide de rapports militaires déclassifiés et d’enquêtes de terrain rigoureuses, cet investigateur cherche à localiser les sites des crashs qui se sont produits autour de la Zone 51 en vue de récupérer des débris permettant d’identifier les prototypes d’avions accidentés. Et le moins que l’on puisse dire est que ses recherches sont loin d’être infructueuses ! Au fil de ses enquêtes, Peter MERLIN est ainsi arrivé à la conclusion qu’en plus des épaves tombées en dehors du périmètre de la Zone 51, un grand nombre de carcasses avaient été enterrées à proximité des installations de Groom Lake, transformant la base en véritable « cimetière » de prototypes secrets. L’enfouissement des épaves correspondait selon lui à deux impératifs : vitesse et discrétion. Enterrés aussitôt après s’être crashés, les avions évitaient ainsi d’être exposés trop longtemps aux regards curieux, ou aux objectifs des satellites espions !
. Une étrange maladie
Assez curieusement, c’est finalement une action en justice intentée contre l’Etat Américain par d’anciens employés de la Zone 51 qui viendra – en partie – à bout de son mystère. L’exhumation progressive des secrets de Groom Lake a en effet mis en lumière l’existence de décharges sauvages de produits chimiques. Stockés dans des fûts, ceux-ci étaient parfois brûlés à l’air libre à proximité des installations de la base, engendrant des émanations particulièrement toxiques. Certains employés exposés à ces rejets développèrent une étrange maladie caractérisée par la formation d’écailles sur la peau, puis l’apparition de saignements. L’un d’eux, Robert FROST, en est mort, ce qui déclencha une action en justice collective contre le gouvernement. Menée par l’avocat Jonathan TURLEY, celle-ci a contribué à briser l’omerta qui entourait la Zone 51, obligeant notamment les autorités à reconnaître officiellement son existence dans un document signé par le Président Bill CLINTON le 29 septembre 1995… soit 40 ans après la création de la base de Groom Lake !
Après cette affaire, il fut cependant décidé que les activités de la Zone 51 étaient si secrètes qu’elles étaient au-dessus des lois environnementales et de santé publique, ce qui mettait un terme à toute autre forme d’action en justice ultérieure. Le sarcophage de secret qui s’était brièvement entrouvert se refermait pour toujours.
. Guerre du futur
Comme l’explique Jim WILSON en clôture du documentaire, la Zone 51 a encore de beaux – et longs ! – jours devant elle. Elle serait en effet aujourd’hui encore à la pointe des recherches concernant le développement de nouveaux engins de guerre volants, notamment dans le domaine des drones télécommandés. De par son isolement, sa configuration géographique privilégiée, et ses infrastructures gigantesques, la Zone 51 reste donc plus que jamais le pôle principal pour les recherches secrètes menées par l’armée américaine : c’est là que se sont développées toutes les grandes technologies militaires du passé, et c’est là que naîtront celles des guerres du futur.
Quant aux ovnis et autres théories conspirationnistes, ils sont les grands oubliés – volontaires – de ce documentaire à la tonalité résolument sérieuse et aux visées pédagogiques. Pour les réalisateurs, si la Zone 51 recèle bien un secret, il ne fait aucun doute que celui-ci est d’origine militaire. Amateurs de mystères et de soucoupes volantes, vous êtes priés de retourner à Roswell !
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Spéculations mais pas de réelles preuves sur quoi que ce soit ( je parle au niveau extraterrestre.. ). Les uns vont dirent que c' est un reportage qui expliquent que le mystère de la zone est militaire ( et donc purement humain ).
Et les autres vont dirent que ce n' est qu' un reportage fait pour détourner l' attention et cacher l' existence d' une présence venue d' ailleurs.