Qui se cache derrière les inventions antiques ? - Vu 7425 fois.
La civilisation de la Grèce antique nous a laissé un formidable héritage.
Pour ceux qui ne le connaissent pas, Héron d’Alexandrie était un mécanicien, mathématicien et ingénieur originaire d’Alexandrie. Héron était un grand rêveur, mais il ne se contentait pas de rêver, il mettait ses rêves sur papier et les construisait. La patrie de Cléopâtre était à cette époque le centre d’une activité intellectuelle intense, les plus grands inventeurs venaient ici échanger leurs savoirs.
C’est au sein de la grande bibliothèque d’Alexandrie qu'étaient conservés la plupart de leurs écrits. Dans un bâtiment annexe se trouvait le musée, une vaste salle où l’on pouvait venir y réfléchir et inventer. Et c’est dans ce musée même qu’Héron a entrepris ces plus grandes inventions.
A cette époque, toutes sortes de religions se croisaient, que ce soit les divinités égyptiennes, les religions grecs et romaines ou encore d’autres cultes ramenés de divers contrées, soit un grand mélange de cultures. Chacun s’efforçait de relever sa religion, ainsi, Héron a mis au point une invention qu’il a nommée ‘machine numéro 37’, ou tout simplement de nos jours, des portes automatiques.
Sous le palier du temple par exemple, il avait mis au point un système de récipients, de tuyaux et de poids qui se mettaient en marche, sans que les fidèles ne s’aperçoivent. Pour faire contrepoids, l’eau s’écoulait dans des tuyaux grâce au feu que le prêtre avait allumé. C'est à ce moment-là que les portes s’ouvraient d’elles-mêmes. Mais ce n’est pas tout, l’air comprimé sous le sol, mu par la chaleur encore une fois mettait en marche un mécanisme qui activait une fanfare. Les fidèles se croyaient face à un miracle, Héron avait fait son œuvre. Le grand temple d’Ephèse en Turquie était apparemment lui aussi équipé de ces portes automatiques et Héron va ainsi équiper la plupart des temples.
A Oxfords en Angleterre se trouve la copie d’un manuscrit de cet illustre savant avec dans ces pages la description de ces inventions.
C'est à Sheffield en Angleterre que se trouve Steve Pool, un fervent partisan d’Héron et de ces créations. Il a créé un modèle réduit de ‘la machine numéro 37’ pour mieux comprendre sa façon de fonctionner. Une source de chaleur se trouve devant un ballon d’air, l’air se dilate sous la forte chaleur et finit par s’échapper dans un autre récipient. L’air chaud l’expulse progressivement de nouveau vers un autre récipient. Quand l’un des récipients décolle, mu par un contrepoids, l’autre remonte, ce qui entraine inexorablement l’ouverture mécanisée des portes. Le mécanisme s’inverse pour refermer les portes.
Voici une autre invention de ce grand homme, le ‘distributeur d’eau bénite’ destinée bien sûr à ramener de l’argent au temple. Quand un fidèle entrait dans le temple, il se devait de se laver les mains à l’eau bénite. Dans cet appareil, lorsqu’on y insérait une pièce, il en sortait une tasse d’eau bénite, ce qui évitait de faire perdre un temps précieux aux prêtres pour bénir les fidèles. Le mécanisme était tout simple, lorsqu'on insérait la pièce, cette dernière actionnait un levier qui en s’abaissant, entraînait l’ouverture d’un petit clapet par lequel l’eau pouvait s’écouler. Mécanisme simple, mais avant-garde pour l’époque, d’autant plus que les fidèles voyaient en ce mécanisme de la magie pure et simple.
Mais ce ne sont pas là les seules machines que les savants de l’époque ont inventé. Nous avons une machine qui, dès que l’on prélevait un peu d’eau dans sa coupelle, se remplissait instantanément, afin que la coupelle reste toujours pleine (crée par un autre inventeur). Nous avons aussi ‘la pompe à incendie’, la première du monde ou encore une ‘fontaine magique’ qui était capable de faire jaillir de l’eau sans jamais tarir (crées par Héron).
Héron trouve encore une nouvelle façon de faire gagner de l’argent aux prêtres et donc aux temples par la même occasion. Il a mis au point une machine qui était capable de faire croire aux fidèles qu’ils étaient en train de parler avec les dieux. Cette machine a été nommée ‘la machine à rendre des Oracles’. Quand un croyant entrait dans le temple et dans l’obscurité, il remarquait tout de suite un oiseau mécanique avec une roue proche de lui. La machine, actionnée par de l’argent, permettait aux fidèles d’entrer en contact avec les dieux. Après avoir inséré la pièce, on tournait la roue et l’oiseau se mettait à chanter, ou pas. Bien entendu, Héron était l’auteur de cette mascarade, je dirais même cette escroquerie.
Retrouvons nous à Hereford, en Angleterre toujours. Nous voici avec Richard Winley qui se trouve en face des mêmes difficultés qu’a rencontrées Héron quand il a essayé de fabriquer ses propres instruments. Il explique que dans un mécanisme, le son est très difficile à insérer. Il a donc fouillé dans les archives d’Héron pour voir s’il n’y trouvait pas une solution. Suite à sa lecture, il a décidé de créer lui aussi un oiseau chanteur, comme l’avait créé le savant bien avant lui. Mais saura-t-il le faire chanter ? Rien n’est moins sûr, mais il y parviendra finalement.
Héron a très vite compris à quel point ces machines pouvaient apporter de l'argent, notamment ‘la machine à rendre des Oracles’, car en temps de guerre, tout le monde se l’arrachait pour avoir des réponses des dieux sur leur avenir. Une aubaine pour ces coreligionnaires. Héron a donc mis son inspiration à la merci de la guerre, il fabriquera ‘une catapulte’ et les romains l'ont d’ailleurs soutenu dans ces recherches.
Mais Héron préférait divertir le peuple et pour cela, il s'est dirigé vers les théâtres qui avaient une importance énorme à cette époque. Il a tout d’abord créé des machines et des décors capables d’arriver sur scène, puis de repartir seuls, sans aucune aide. Héron se sentait ici dans son élément, il faisait là ce qu’il avait toujours voulu faire, c’est-à-dire évoluer dans le milieu théâtrale.
Le public alexandrin fût très vite émerveillé par ces nouvelles inventions mobiles, mais Héron savait qu’il leur en faudrait plus encore, aussi, il décida de mettre au point cette fois-ci une pièce de théâtre avec des acteurs entièrement automatisés, du début à la fin. Il y ajoutait des sons et des effets spéciaux, le décor était complet. Le spectacle était grandiose, le public restait complètement subjugué, stupéfait devant ce chef-d’œuvre. Héron venait de créer là ca plus belle œuvre.
Cet homme, on l’a bien vu tout au long de ce documentaire, était un inventeur brillant, mais nous n’avons en réalité rien vu encore. Il avait en effet créé la première machine à vapeur antique, l'‘éolipyle’. Il avait construit un dispositif révolutionnaire en parvenant à maitriser la puissance de la vapeur. S’il avait poussé un peu plus loin son invention, il aurait pu fabriquer la première machine à vapeur, autrement dit, le premier train.
Aujourd’hui, nous-mêmes sommes loin d’être à la pointe du progrès technologique, mais que serait notre monde sans ces hommes tel Héron ?
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steph68 - 43 ans - 2 pts - aucune vidéo - Nouveau - 18 Apr 12 18:17:59
Conviction : Convaincu
Encore une fois la preuve que l'humain es dotés d'un imagination et d'un désire crée des choses des le début de l'humanité et toute ces créateurs
n'ont u comme limite que l'époque qu'il sont vécue.
Lalie - 27 ans - 57 pts - aucune vidéo - Aspirant - 29 Dec 11 01:26:30
Conviction : Entre deux
Très intéressant ce documentaire ;-) C'est vraiment fascinant de voir que tout ce que nous nous targuons d'avoir "découvert" était déjà connu à cette époque.