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Préhistoire : Quand Homo Sapiens et Néandertaliens cohabitaient en Europe





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Préhistoire : Quand Homo Sapiens et Néandertaliens cohabitaient en Europe - Vu 16063 fois.

700 millions d’individus peuplent aujourd’hui l’Europe, tous héritiers d’ancêtres communs : les homo sapiens. Mais à une époque très lointaine, époque que les premiers archéologues baptisèrent « période antédiluvienne », bien avant que l’Europe ait même un nom, Homo Sapiens ne s’y était pas encore installé.

Sur ce continent en proie à de grands bouleversements climatiques dus aux cycles glaciaires, au milieu d’animaux féroces et de dangers naturels incessants, vivait alors une autre espèce : Neandertal. Les néandertaliens occupèrent l’Europe pendant 250 000 ans, avant de refluer progressivement vers la frange méridionale du continent sous l’effet conjugué des changements climatiques et de l’avancée des homo sapiens venus du continent Africain.

Leurs dernières traces, relevées à Madagascar, remontent à 28 000 ans. Mais avant cela, les espèces Neandertal et Homo Sapiens cohabitèrent sur le continent Européen pendant plusieurs dizaines de milliers d’années. Comment se passa cette cohabitation ? Pourquoi l’espèce des homo sapiens supplanta-t-elle celle des néandertaliens ? Y eut-il des unions entre elles ? Peut-on en retrouver les traces dans l’ADN de l’homme moderne ? Ce documentaire aux allures de grande fresque préhistorique retrace le destin de ces premiers habitants de l’Europe, évoquant leur évolution respective, leur rencontre, leur cohabitation, avant de s’intéresser aux causes de la disparition des néandertaliens au profit des homo sapiens.

. Quand l’ADN parle

D’où venaient les premiers hommes qui peuplèrent le continent Européen ?

C’est par le biais de l’ADN que les chercheurs sont parvenus à éclaircir ce mystère. Pour effectuer ce travail, ils ont échantillonné des collections d’individus dans la population actuelle d’Europe, d’Afrique et d’Asie, afin de retracer leur histoire évolutive. L’ADN conserve en effet au cœur de nos cellules les traces de notre passé, permettant de collecter de précieuses données en vue de reconstituer l’histoire du peuplement Européen.

Très vite, l’étude de l’ADN est venue confirmer l’hypothèse d’une sortie d’Afrique, il y a plus de 150 000 ans, sortie dont seraient originaires les homo sapiens actuels. Ce scenario laisse entrevoir un peuplement très lent : après plusieurs tentatives, quelques milliers d’hommes et de femmes quittèrent peu à peu le continent Africain pour s’enfoncer en Europe. Il leur faudra plusieurs dizaines de milliers d’années pour occuper durablement ce nouveau continent, il y a environ 45 000 ans. A l’échelle de l’évolution, ce peuplement est donc très récent : à peine 2000 générations nous séparent de ces premiers habitants de l’Europe.

. Évolution
Mais ces hommes et ces femmes venus d’Afrique ne sont encore que nos lointains ancêtres, très éloignés des caractéristiques de l’homo sapiens. Le village de Dmanisi, en Géorgie, est un site occupé depuis l’aube de l’humanité européenne. C’est là que l’on a découvert les plus anciens fossiles humains, proches de l'homo habilis Africain. L’étude de ces ossements laisse apparaître des caractéristiques – petite boite crânienne dépourvue d’os frontal, arcades proéminentes, canines puissantes – qui montrent que ces populations étaient déjà en train de franchir un degré sur l’échelle de l’évolution, se situant entre l’homo habilis et celui qui allait devenir l’homo erectus.

A cette époque, le site de Dmanisi était occupé par un grand lac autour duquel s’étendaient de vastes terres fertiles propices à la cueillette et à la chasse. Les hommes y vivaient au sein de petites communautés, construisant des huttes dans lesquelles ils s’installaient quelque temps, avant de partir plus loin, suivant les migrations des troupeaux. La vie quotidienne n’était pas de tout repos : des lions, des tigres à dents de sabre et des hyènes constituaient en effet de dangereux prédateurs. Mais ces animaux sauvages pouvaient aussi s’avérer de précieux alliés, les hommes attendant qu’ils aient délaissés leurs proies pour aller récupérer de la viande sur les carcasses.

Ces activités nécessitaient le développement d’outils taillés dans la pierre. Ce procédé de taille démontre déjà une grande habileté manuelle ainsi que des capacités d’abstraction chez les hommes de cette époque ; il faut en effet être capable d’imaginer ce que la pierre taillée va devenir et l’usage auquel on la destine : briser les os pour récupérer la moelle, gratter les chairs, etc.

. Homo erectus

Les scientifiques ignorent pourquoi, mais cette espèce d’hommes identifiée à Dmanisi finira par s’éteindre. Cette extinction ne marque pas pour autant la fin du processus de peuplement Européen ; d’autres hommes vont en effet quitter l’Afrique. Ils appartiennent l’espèce de l’homo erectus – l’homme dressé – et vont s’enfoncer en Asie et en Europe, où ils évolueront séparément.

Les plus anciens fossiles de ces hommes ont été exhumés à Atapuerca, en Espagne. Composé de nombreuses grottes, ce site a été découvert en 1976 lors du terrassement d’une voie ferrée. Les fouilles qui y sont menées permettent aux préhistoriens de collecter de précieux indices sur la vie des populations d’homo erectus : quel était leur habitat, comment se nourrissaient-ils, quels animaux côtoyaient-ils, quel était le climat à cette époque, etc.

Il apparait ainsi que les chasseurs installaient leurs campements à l’intérieur des couloirs de migration des animaux, changeant d’emplacement au printemps et à l’automne. Ils perfectionnèrent également leurs techniques de taille, développant de nouveaux outils. Parmi ceux-ci on trouve le biface, dont la taille nécessitait de dégrossir un gros éclat de pierre avant de l’affiner avec un percuteur fabriqué dans un bois de cerf. Ce matériau plus tendre permettait de détacher de minces éclats de pierre et d’obtenir ainsi un bord bien tranchant.

L’émergence de cette nouvelle technique peut être considérée comme une véritable révolution culturelle. Cela suppose en effet de la part de l’artisan une façon radicalement nouvelle d’imaginer l’objet final. Outil symétrique, aussi harmonieux dans sa forme qu’efficace dans sa fonction, le biface sera utilisé pendant des centaines de milliers d’années.

. La révolution du feu

L’apparition du feu, dont les premières traces remontent à 500 000 ans, marque un autre tournant décisif pour Homo Erectus. La viande est cuite au lieu d’être consommée crue ; s’il semble anodin au premier abord, ce changement de régime alimentaire va avoir une influence décisive sur l’organisation de la société. Le foyer y occupe désormais une place centrale : on se réunit autour du feu, on parle, on chante. C’est donc autour de cet emplacement symbolique que va se développer la parole, cette faculté si importante qui est le propre de l’homme.

Mais le feu va aussi permettre à l’homo erectus de se déplacer vers le nord de l’Europe. Vers -500 000 ans, des hommes traversent ainsi l’immense plaine marécageuse, où coule un grand fleuve né de la confluence de la Seine et de la Tamise, qui sépare le continent des îles Britanniques. Ils établissent leur campement sous les falaises de Boxgrove. Notre connaissance actuelle de ces hommes se limite à un tibia retrouvé, à partir duquel les anthropologues sont parvenus à modéliser un individu de grande taille – 1m80 – solidement charpenté. Des ossements de rhinocéros et de chevaux portant des traces de découpe ont également été mis à jour, ainsi que des outils. Ceux-ci témoignent de l’utilisation d’une technique de taille particulière produisant des racloirs de silex qui permettaient la découpe rapide de grandes carcasses d’animaux.

. Pré néandertaliens
Un crâne plus récent, datant de -400 000 ans, a également été retrouvé aux environs de Londres. D’une taille et d’un volume supérieurs à celui de l’homo erectus, arrondi, mais toujours très épais, il semble annoncer la transition vers les futurs habitants de l’Europe à cette époque : les néandertaliens.

Cette évolution néandertalienne est propre au continent Européen. En l’espace de quelques centaines de milliers d’années, l’ADN des populations Africaines et Européennes va en effet évoluer dans deux directions différentes. La souche Africaine va donner naissance à une nouvelle espèce, les homo sapiens archaïques, tandis que la souche Européenne va évoluer vers celle des pré néandertaliens, considérés comme les ancêtres de Neandertal. Vers -350 000 ans, ceux-ci occupent la majeure partie du continent. On a aujourd’hui une idée de ce à quoi ils ressemblaient grâce aux crânes qui ont été retrouvés. Leur volume est presque égal au nôtre, mais de gros bourrelets osseux surmontent les orbites. L’épaisseur de ces crânes était aussi bien plus importante.

. Rites funéraires ?

A Atapuerca, les préhistoriens ont fait une découverte sensationnelle : une grotte funéraire, qui soulève la question des préoccupations spirituelles des hommes de la préhistoire et de leur relation avec la mort. Il y a près de 350 000 ans, 30 néandertaliens ont été inhumés dans cette grotte. Un biface taillé dans un quartzite rouge et jaune, retrouvé sur les ossements, laisse supposer l’attribution d’une fonction sacrée car il n’a jamais été utilisé. L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il s’agissait-il d’une offrande destinée à accompagner les morts dans l’au-delà. Un tel comportement interpelle car il est révélateur d’un acte collectif, d’un comportement social dans lequel les chercheurs voient les prémices de croyances religieuses.

. Qui était Neandertal ?

Si de telles découvertes nous renseignent sur la spiritualité des hommes de la préhistoire, les scientifiques sont aussi en quête d’informations beaucoup plus terre à terre sur leur vie quotidienne. Que mangeaient-ils ? De quelles maladies souffraient-ils ? Quelle était leur espérance de vie ? Pour répondre à ces questions, l’analyse de la microstructure des dents est une méthode qui a fait ses preuves. Les dents donnent en effet des indications précieuses sur le mode de vie d’un individu : toutes les étapes de son développement sont inscrites dans la structure de la dent sous forme de stries qui s’accumulent jour après jour, un peu comme les cernes d’un tronc d’arbre. En étudiant ces stries, on peut ainsi visualiser la croissance de l’individu ainsi que les événements majeurs de sa vie jusqu’à sa mort.

Ces études permettent de dessiner un portrait assez précis des néandertaliens. En premier lieu, leur croissance était beaucoup plus rapide que la nôtre. Dans des conditions de vie difficile, l’individu augmentait en effet ses chances de survie en se développant rapidement. Neandertal mesurait aux environs d’1m60 et possédait une morphologie adaptée aux climats froids : large d’épaules, trapu, avec des membres courts. Son crâne allongé vers l’arrière contenait un cerveau volumineux, légèrement plus gros que le nôtre. Ses dents révèlent aussi qu’il était un gros mangeur de viande : la chasse jouait un rôle prépondérant dans l’organisation des communautés. Au fil des périodes de glaciation, Neandertal reflua vers les zones tempérées d’Europe. Les glaciers fermant certains couloirs de circulation, certaines communautés restèrent longtemps isolées. C’est ainsi que se constituèrent trois groupes distincts d’hommes de Neandertal : le premier en Europe de l’Est, jusqu’en Russie, le deuxième en Europe Occidentale, et le troisième en Europe du Sud, entre la côte Espagnole et la Croatie.

. Nouvelles pratiques

Beaucoup de nouveautés apparaissent avec Neandertal. Dans le domaine de la taille de la pierre, de nouvelles techniques sont mises au point, qui permettent de produire différents types d’outils tranchants. L’artisan est capable d’anticiper la forme qu’il veut fabriquer ; chaque surface d’enlèvement sert de point de départ à un nouvel éclat, ce qui augmente la précision du travail de taille et le tranchant des outils réalisés.

Dans le domaine de la chasse, de nouvelles techniques sont mises au point. Elles reposent sur l’utilisation d’armes plus précises, sur une meilleure connaissance des animaux et de leur environnement, et sur l’émergence d’une stratégie de groupe dans laquelle chaque membre de la communauté se voit attribuer un rôle précis : guetteur, rabatteur, chasseur, etc.

Vers -100 000 ans, on voit aussi se généraliser l’usage des sépultures. Cette pratique marque une étape importante dans l’émergence d’une spiritualité propre à Neandertal. Les morts ne sont plus abandonnés aux charognards mais rendus à la terre, seuls ou en groupe. La tombe devient ainsi une marque qui fixe les événements dans la mémoire collective, renforce la cohésion du groupe autour du souvenir du défunt. Certaines sépultures, dans lesquelles on a découvert des pigments de couleur, des coquillages, des bois de cerfs ou d’autres ossements d’animaux, laissent entrevoir l’émergence de véritables rites funéraires. La mort est appréhendée comme un voyage auquel il faut préparer le défunt.

. La grande migration de l’homo sapiens

Mais pendant que Neandertal, seul habitant de l’Europe, connait ces changements, les homo erectus d’Afrique ont eux aussi évolué de leur côté, donnant naissance à une nouvelle espèce : Homo Sapiens. L’anatomie de cet ancêtre de l’homme moderne est identique à la nôtre.

Vers -100 000 ans, des groupes d’homo sapiens venus d’Afrique s’installent au Proche-Orient. Des sépultures retrouvées témoignent de leur occupation de cette région pendant plus de 40 000 ans. Vers -60 000 ans, ces traces disparaissent, remplacées par celles de Néandertaliens, probablement chassés du nord de l’Europe par une période de glaciation. Cette alternance d’occupation intéresse au plus haut point les préhistoriens et les généticiens, qui considèrent que c’est à cette époque que les homo sapiens commencèrent à se disperser vers l’Est, vers l’Asie et l’Australie, qu’ils atteindront quelques milliers d’années plus tard. Les scientifiques estiment qu’ils furent en tout moins de 20 000 individus à effectuer cette grande migration qui s’échelonna sur plusieurs milliers d’années, mais ce petit nombre est à l’origine de toutes les populations qui vivent aujourd’hui sur Terre.

. Contacts

D’autres homo sapiens migrèrent vers l’Ouest, longeant les côtes méditerranéennes ou remontant le cours du Danube, qui allait devenir l’une des voies majeures des grandes migrations préhistoriques. En poursuivant cette migration vers l’Ouest, les homo sapiens finirent par rencontrer les néandertaliens. Que se passa-t-il alors entre les premiers habitants de l’Europe, les néandertaliens trapus à la peau claire, et cette nouvelle espèce venue du Sud, les homo sapiens à la peau sombre et au physique plus longiligne ? Furent-ils opposés les uns aux autres ou se mélangèrent-ils au contraire par le biais d’unions ?

Beaucoup de préhistoriens et de généticiens considèrent que les néandertaliens et les homo sapiens ne pouvaient pas avoir de descendance commune du fait de leur appartenance à deux espèces différentes. Mais les analyses ADN laissent entrevoir la possibilité d’un infime mélange de gênes, ce qui voudrait dire qu’un certain nombre d’unions se produisirent quand même, principalement en Europe Occidentale et au Proche Orient.

Des liens entre homo sapiens en néandertaliens ont donc probablement existé dans ces zones de contact, mais plus les homo sapiens progressèrent vers l’ouest, plus ils rencontrèrent de populations néandertaliennes autochtones, amoindrissant les possibilités d’échanges génétiques. On peut cependant considérer que les apports génétiques néandertaliens ont été trop rares pour laisser des traces notables dans les gènes des hommes modernes.

. Apports culturels

Au-delà de ce brassage génétique, l’apport des homo sapiens aux néandertaliens fut aussi significatif sur le plan culturel. Homo Sapiens arriva en effet d’Afrique avec des pratiques très différentes, notamment dans le domaine des techniques de taille. Leur maîtrise d’outils de plus en plus élaborés permettait aux homo sapiens de produire en série des éclats allongés, lames et lamelles à l’aide desquelles il conçurent de nouvelles armes, plus diversifiées et plus spécialisées. Comme l’homo sapiens travaillait aussi l’os et l’ivoire, il pu fabriquer des sagaies sur lesquelles ces pointes venaient s’ajuster, ce qui les rendait faciles à changer lorsqu’elles étaient émoussées ou abimées. L’apparition de ces sagaies révolutionna la pratique de la chasse.

L’influence des homo sapiens ne se limita pas à ce domaine. Dans leur sillage, les nouveaux arrivants apportèrent aussi de nouvelles coutumes vestimentaires, telles que les parures de perles d’os ou d’ivoire, les pendeloques taillées dans des dents d’ours, ou encore l’utilisation de pigments pour se couvrir la peau. Ces objets évoquent une société dans laquelle l’esthétique jouait un rôle de plus en plus important. Cet apport allait de pair avec le développement des pratiques artistiques, comme le dessin et la musique. Un très beau passage du documentaire nous emmène à la découverte des instruments de ces musiciens préhistoriques, instruments qui étaient pour la plupart taillés dans des os d’animaux.

. Art rituel ?

Les peintures rupestres témoignent également des aptitudes des homo sapiens dans le domaine de l’art pictural. Celles de la grotte Chauvet, en Ardèche, comptent parmi les plus anciennes d’Europe. Vieilles de 32 000 ans, elles ont été dessinées au charbon de bois et représentent, avec un réalisme et un souci du détail saisissants, des animaux tels que le rhinocéros, le lion, l’ours des cavernes, le cheval, et même une chouette. A ces figures animales sont associées des motifs abstraits et des empreintes de mains, ponctuées par une protubérance rocheuse qui porte les dessins d’un bison et d’un sexe de femme. Ces œuvres très abouties attestent d’une parfaite maîtrise du dessin.

La sculpture est également présente dans l’art des homo sapiens. Les plus anciennes œuvres retrouvées représentent des figures de femmes aux seins et au sexe hypertrophiés, des animaux dotés d’attributs symboliques, voire des êtres polymorphes, mi-animaux sauvages mi-humains. Au-delà de leur beauté plastique, ces œuvres nous donnent à voir un pan de l’imaginaire et de la conception du monde d’Homo Sapiens. Elles témoignent d’un système de pensée, de croyances, où le surnaturel jouait un rôle essentiel.

. Passage de relais

Vers -35 000 ans, les indices de la présence des homo sapiens en Europe sont de plus en plus nombreux. Tandis que leur population s’accroissait, celle des néandertaliens diminuait proportionnellement ; quelques millénaires plus tard, leur espèce aura définitivement disparu. Les scientifiques peinent à identifier la cause de cette extinction. Plusieurs hypothèses sont avancées : changements climatiques ayant entraîné un éparpillement de la population, famine due à la raréfaction du gros gibier, baisse de la fertilité des femmes, etc.

Quoi qu’il en soit, les données archéologiques ont mis en évidence un déplacement massif des néandertaliens vers le sud de l’Europe à partir de -35 000 ans, alors que les homo sapiens étaient en train de coloniser les régions qu’ils venaient de quitter. Ce processus géographique va de pair avec un phénomène démographique qui se traduit par une baisse constante de la population néandertalienne. Au cours des millénaires suivants, Neandertal ne cessera de reculer devant la progression d’Homo Sapiens en Europe, se retirant à travers toute la péninsule Ibérique jusqu’à Gibraltar, où l’on trouve ses dernières traces, datées d’environ 28 000 ans. Homo Sapiens s’impose alors comme l’espèce dominante, qui se répandra partout sur la planète. Et c’est cette espèce qui donnera naissance à l’humanité que nous connaissons aujourd’hui.

EN RÉSUMÉ : Clair, précis, bien découpé, et très original dans sa forme, qui fait intervenir de petites séquences d’animation superposées aux images à la place des habituelles scènes de reconstitution, ce documentaire constitue une formidable leçon d’histoire, ou plutôt de préhistoire. Il nous emmène en effet à l’aube de l’humanité, une période que beaucoup d’entre-nous connaissent mal, pour un fascinant voyage vers nos origines.

Les puristes ne manqueront pas de souligner la gageure qui consiste à vouloir retracer dans un format de 43 minutes plusieurs centaines de milliers d’années d’évolution. Mais en se recentrant très intelligemment sur les périodes-clés de cette épopée préhistorique, et en utilisant comme fil rouge du commentaire la rencontre entre Neandertal, habitant originel de l’Europe, et Homo Sapiens, son « concurrent » venu d’Afrique, il trouve une dynamique de narration vraiment efficace. Cette approche, aussi originale qu’instructive, mérite vraiment d’être saluée. A découvrir sans restriction.

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Complément : Préhistoire



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