Pétrole contre nourriture : Affairisme et clientélisme
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Le programme pétrole contre nourriture imposé au régime irakien de Sadam Hussein a été institué par l'ONU et s'est étalé de 1996 à 2003, pour un volume total de 64 milliards de dollars. Ce documentaire revient sur les malversations qui ont accompagné ce programme. C'est un réel trafic de la honte, révélé par le quotidien irakien «Al mada» en 2004.
Les révélations de ce journal s'avéreront explosives : lors de ce programme, des commissions occultes ont été versées à pas moins de 270 intermédiaires, dont 21 figures françaises de la politique (Charles Pasqua, Jean-Pierre Chevènement notamment) ainsi que de grandes sociétés françaises (Total, Renault, et bien d'autres encore) !
Haider Saeed, alors journaliste au sein de ce périodique, viendra confirmer l'authenticité des documents provenant des archives Ministère du Pétrole irakien, mystérieusement épargné par les bombes américaines.
Ce projet partait pourtant d'un bon sentiment, puisqu'il était censé mettre un terme aux souffrances considérables de la population civile irakienne, victime de l'embargo. L'allègement des sanctions envers l'Irak se matérialise alors avec le programme «pétrole contre nourriture». Mais la mise en place de ce programme mettra du temps, 5 longues années précisément. Entre temps, l'on estime qu'environ 1,5 millions d'irakiens sont morts de façon directe ou indirecte des effets de l'embargo.
Une organisation spéciale est alors créée pour gérer la mise en œuvre complexe de ce programme. (Office of the Iraq Programme ou «OIP»). Michael Soussan devient l'assistant de Benon Sevan, le grand patron de cette structure à vocation à priori purement humanitaire. Mais Soussan, très vite, s'aperçevra d'une bizarrerie : le principal problème de l'OIP, c'est de savoir comment utiliser l'argent au plus vite, car les caisses débordent de millions de dollars. Assez rapidement aussi, l'étendue de ce programme vient dépasser largement le simple cadre de la fourniture de produits de première nécessité pour s'étendre à divers secteurs comme l'énergie ou l'éducatif.
En fait, ce programme se veut «caritatif» d'aspect extérieur, mais il l'est beaucoup moins qu'il n'en a l'air, puisque ce sont les irakiens qui paient eux mêmes la facture par le biais de leur pétrole. Mais ce n'est pas tout, puisque du simple délégué de quartier irakien chargé de distribuer l'aide alimentaire aux plus hautes instances du régime de Sadam Hussein, la corruption s'est progressivement généralisée au fil des phases de «cette aide humanitaire».
Des pots de vin seront versés non seulement à des personnalités influentes, mais aussi à des entreprises. L'ONU fermera les yeux devant ces pratiques douteuses. Comment, d'ailleurs, a-t-elle pu laisser se développer cette gangrène sans rien faire ?
Le caractère nébuleux des transactions a grandement facilité ces fraudes à très grande échelle. De plus une contrebande pétrolière officieuse avait lieu entre l'Irak d'une part, et la Jordanie et la Turquie d'autre part. Vers quelles destinations partaient ces barils ?
Probablement vers les Etats-Unis et l'occident. De l'argent sale a coulé a flots, et manifestement, il est maintenant difficile de traduire les coupables en justice.
Bien entendu, la plupart des bénéficiaires de ces pots de vin sont par définition très difficiles à identifier. Mais des documents d'époque évoquent l'existence de ces fraudes d'une ampleur inégalée et mentionnent des noms de personnalités politiques et d'entreprises internationales.
En France, 17 personnes seront jugées en 2012 devant le Tribunal Correctionnel de Paris pour cette affaire, qui est toujours en cours d'instruction : 20minutes.fr
Le peuple irakien, lui, s'est probablement fait «voler» son pétrole par des dirigeants peu scrupuleux, et des hommes d'affaires tout autant dénués de morale. Cette enquête nous montre que les dessous des actions humanitaires sont parfois fort peu reluisantes, surtout lorsque des intérêts économiques sont en jeu. Ce documentaire creuse des tranchées dans le politiquement correct et chasse la langue de bois, mais il trouve souvent porte close, mutisme, ou dédain affiché de la part des autorités directement incriminées dans le processus de rémunération par pots de vin. La délinquance en col blanc a-t-elle encore de beaux jours devant elle ?
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azstaroth - 30 ans - 98 pts - aucune vidéo - Aspirant - 10 Jan 12 18:14:50
Conviction : Entre deux
Décidément c'est le système en place à l’échelle de la planète qui est pourrie... Ce n'est pas une question de frontière, de culture ou de religion...
Ceux sont biens ce qui sont en haut qui pourrissent tout!
au détriment des presque 7 milliard restant.
Ce reportage en est une belle illustration.
Vous noterez que:
31 milliard détournés: d'après certains chiffres (à vérifier) cela suffirai à éviter la faim dans le monde si on l'utilisais intelligemment.
Je trouve que c'est un bel exposé des faits, mais pas franchement surprenant, étant donné que la seule idée de la mise en application d'un embargo "pétrole contre nourriture" est déjà tellement tordue et pourrie en soi,qu'il aurait été difficile que le résultat ne donne autre chose qu'une compile des meilleurs états de services des pourris en tous genres.