Prenez pour limite nord, le territoire des aztèques qui ont vécu dans la vallée de Mexico de 1300 à 1521, date de leur reddition aux Espagnols.
Prenez pour limite sud, le territoire Maya qui s’étendait jusqu’au Guatémala et Bélize et ce depuis -2000 Avant J-C jusqu’à 900 Après J-C.
A la jonction de ces deux territoires, le long du golfe du Mexique, fût découvert, bien plus tard, l’existence d’une autre civilisation que celles précitées : les Olmèques.
Les principaux vestiges de cette civilisation sont 17 énormes têtes en pierres taillées, vieilles de 1200 ans avant J-C, dont les plus grosses mesurent 3 mètres de haut et pèsent près de 20 tonnes!
Ces visages précolombiens ont été taillés un uniquement à l’aides d’outils de pierre.
La première cité d’Amérique centrale fût San Lorenzo et est attribuée aux olmèques.
Sur ces plateaux recouverts aujourd’hui par la jungle et d’une surface de 75 Km carrés vivaient environ 5500 personnes d’après la spécialiste Ann Sifers.
Ce site a permis à lui seul la découverte de 10 têtes, dont la première vers 1800, mais seulement 1% de la surface totale de la cité a été exploré à ce jour, tous les éventuels vestiges étant enfouis dans le sol jusqu’à 20 mètres de profondeurs d’où la difficulté d’avoir des données précises sur le mode de vie de cette civilisation.
Le seul gisement de pierres ayant pu permettre aux Olmèques de tailler ces visages se situe à une soixantaine de kilomètres de San Lorenzo et la question qui intrigue, est de savoir comment cette peuplade a pu déplacer sur un aussi long parcours des pierres de ce poids et de cette taille !?
Ces pierres étaient du basalte vésiculaire, roche volcanique issue des volcans voisins, et étaient soigneusement sélectionnés par les Olmèques comme référence à l’habitat des dieux sous ces mêmes volcans.
Un atelier se situait dans le voisinage immédiat de ceux-ci afin de façonner une première fois les pierres pour permettre un transport plus facile (il reste une pierre inachevée sur place).
Ensuite la pierre était acheminée vers San Lorenzo afin d’y être sculptée plus en détails.
Comment les Olmèques pouvaient-ils déplacer des blocs si lourds (environ 40 tonnes), alors que la roue n’existait pas?
Revenons un instant aux Olmèques eux-mêmes, qui vivaient en petits groupes dans la forêt avant de se rejoindre pour former la première cité politique d’Amérique centrale vers 1200 avant J-C en la ville de San Lorenzo. Des millions de mètres cubes de terres furent alors acheminés vers les hauteurs afin d’y aménager des plateaux. Ces travaux ont nécessité une main d’œuvre importante au fil des siècles, mais aussi certainement une hiérarchisation de la société Olmèque.
Les fameuses têtes ont d’ailleurs un rapport étroit avec cette hiérarchie puisque d’après les spécialistes, chacune d’entre elles serait la représentation d’un roi.
Avant d’être une effigie glorifiant un roi, ces pierres, alors non sculptées, servaient d’ailleurs de trône à son prédécesseur. Ces édifications étaient en tous cas le signe de la puissance du régnant sur son peuple et de sa capacité à commander les masses.
Quant aux déplacements des pierres, il s’agissait de les faire rouler sur des rondins de bois et de tirer à l’aide de cordages, mais cela était uniquement valable pour les parties planes.
Quid de la traversée d’une rivière avec des blocs aussi lourds?
Un mélange d’asphalte naturel et de végétaux chauffés, sorte de coaltar local, était enduit sur les barques Olmèques creusées directement dans des troncs d’arbres et d’au moins 15 mètres de long, et ce, afin d’imperméabiliser les embarcations chargées du transport des fameux blocs de pierres.
La technique consistait à aligner côte à côte plusieurs embarcations, et de les recouvrir d’une plateforme afin d’améliorer la flottabilité de l’ensemble de façon à pouvoir supporter le poids des énormes blocs.
La démonstration est faite, à partir d’une pierre moins lourde, mais le processus demeure le même et à une échelle plus importante (14 bateaux de plus de 15 mètres), il permettait donc aux Olmèques de franchir vasières, ruisseaux et autre rivières.
Voilà que se termine ici le voyage des rois Olmèques ou plutôt des visages de pierres les représentant, uniques témoignages de cette civilisation précolombienne vieille de plus de 3000 ans!
JLuc22 - 43 ans - 205 pts - aucune vidéo - Curieux - 22 Aug 11 08:18:16
Conviction : Sceptique
Gragor a écrit: on ne peut pas imaginer que ces sculptures aient été taillées dans des blocs erratiques qui se trouvaient là?
Transportés par quoi ? Les blocs ératiques sont transportés par les glaciers, la théorie de la terre boule de neige n'exclue évidement pas la présence de glaciers à cet endroit mais ce phénomène me semble beaucoup trop ancien pour expliquer la présence de ces blocs.
spiderdede - 28 ans - 19 pts - aucune vidéo - Nouveau - 31 Jan 11 01:02:36
Conviction : Entre deux
Bon reportage. Je confirme comme les autres pour l'affluence occidentale. Mais nous sommes qu'au début des recherches. Donc Tout reste encore à découvrir.
Une petite question au passage; de la même manière qu'on a retrouvé des bloc erratiques un peu partout dans le monde (exemple: un bout des alpes dans le Jura); on ne peut pas imaginer que ces sculptures aient été taillées dans des blocs erratiques qui se trouvaient là?
ça résoudrait ce problème d'acheminement de la pierre qui semble un peu surnaturel....
Frapatsai - 43 ans - 363 pts - aucune vidéo - Curieux - 24 Jan 11 13:21:57
Conviction : Sceptique
maigret a écrit: De plus, les interprétations "scientifiques" adoptent quand même un point de vue largement pro-occidental, distillé tout le long du documentaire.
La rétro-ingénierie primitive n'est pas non plus extrêmement convaincante.
Tout ça manque de rigueur mais le sujet reste passionnant.
Cette façon de filmer et le montage qui abouti à un style "bande-annonce" tout le long du film est fatigante.
De plus, les interprétations "scientifiques" adoptent quand même un point de vue largement pro-occidental, distillé tout le long du documentaire. La rétro-ingénierie primitive n'est pas non plus extrêmement convaincante. Tout ça manque de rigueur mais le sujet reste passionnant.
Cette façon de filmer et le montage qui abouti à un style "bande-annonce" tout le long du film est fatigante.
De plus, les interprétations "scientifiques" adoptent quand même un point de vue largement pro-occidental, distillé tout le long du documentaire. La rétro-ingénierie primitive n'est pas non plus extrêmement convaincante.
Tout ça manque de rigueur mais le sujet reste passionnant.