Cette vidéo est un documentaire, de la série « bâtisseurs d'empire » produite par la chaîne Planète. Ce documentaire, présenté par l'acteur Peter Weller (Robocop, Planète hurlante) a pour thème les Mayas, un peuple précolombien du sud de l'Amérique centrale (à ne pas confondre avec les aztèques ou les incas, qui ont des structures politiques et religieuses différentes). Le documentaire fait appel à une classification par périodes qu'il semble bon de clarifier : la période pré-classique s'étend de 2000 avant JC à 300 après JC. La période classique quant à elle de 300 après JC à 900 après JC. La dernière période, le classique final s'étend de 900 jusqu'à la disparition de cette civilisation au XVIème siècle.
Le documentaire s'ouvre sur la constatation de la quasi disparition de ce peuple au XVIème siècle. Les chercheurs cherchent encore les causes précises du déclin de cette brillante civilisation qui a prospéré durant plus de mille cinq cent ans dans une nature hostile. L'étude des hiéroglyphes gravés sur les gigantesques édifices qui composaient leurs villes permet de découvrir leur histoire et de mieux comprendre leur déclin. La première intervention de Peter Weller rétablit quelques vérités noyées par les idées reçues ; les sociétés mayas, n'étaient pas aussi paisibles que les chercheurs l'ont longtemps supposé. Organisés en villes-états rivales (un peu comme l'était la Grèce hellénique), les mayas guerroyaient et pratiquaient les sacrifices humains. Le documentaire retrace ensuite l'apparition de ces petits états indépendants dans toute l'Amérique centrale. Les villes étaient gouvernées par des rois, d'ascendance reconnue divine. Rivaux, ces différents rois s'affrontaient dans des guerres destinées à honorer les dieux. Le sacrifice humain, par la guerre ou lors de rituels était une rétribution due au dieux qui avaient crée l'univers et permettaient l'équilibre du monde et donc l'existence des hommes. Il est souligné que cette offrande n'était pas un mépris de la vie humaine, mais au contraire l'expression de son caractère précieux et sacré, donc le plus digne de contenter les dieux.
Grâce à un arrêt sur la cité de Tikal et sa rivale Calakmul, le documentaire décrit le mode construction des gigantesques pyramides et autres édifices. Dès le quatrième siècle avant JC, les constructions se faisaient à mains nues, malgré la connaissance de certains outils comme la roue, car le prestige d'un bâtiment et la dévotion qu'il inspirait se mesuraient grâce à l'effort fourni par les ouvriers, et non grâce à sa technicité ou à sa beauté. La réalisation du temple du jaguar a Tikal ouvre une nouvelle ère de prestige pour la cité qui en profite pour se débarrasser des cités rivales environnantes, dont Calakmul. Ces victoires augmentent encore la puissance de Tikal dont le roi Yik'in Chan Kawiil continue les réalisations architecturales grandioses, la plus impressionnante étant le temple 4 (64 mètres de haut, le plus grand du monde maya classique).
Dans un même temps, des cités déclinent. La cité de Palenque, après avoir connu l'influence visionnaire du dernier de ces rois, tombe suite à une défaite contre Calakmul lorsque son souverain est tué. Les rois étant d'essence divine et protégeant la ville, la disparition de la lignée royale était une catastrophe pour la ville, qui finissait par disparaître. Cependant, grâce à une alliance avec une ville voisine, Palenque retrouve un roi, Pacal. Celui-ci rénove la cité et lui donne une nouvelle impulsion en repensant l'architecture, et en construisant ainsi les plus beaux édifices du moment. L'histoire de Pacal nous est révélée dans le temple des inscriptions. Ces traces écrites sont rares dans l'architecture maya, mais permettent de transmettre le souvenir d'un grand roi, fondateur d'une nouvelle dynastie. Sa mort, après 68 ans de règne permet un bref aperçu des rites funéraires. Son fils, qui lui succède est Chan Bahlum et est soucieux de laisser lui aussi son empreinte tout en assurant la pérennité de la jeune dynastie. Il fait donc construire de nouveaux bâtiments, et va plus loin que son père dans la nouveauté en introduisant des formes géométriques plus complexes. Cette géométrie est basé sur le système mathématique maya qui comprenait déjà le zéro, élément indispensable pour atteindre une nouvelle complexité de calcul. Ainsi, les mayas auraient découvert les racines carrés et le nombre d'or, qui est un rapport de proportions naturelles favorisant l'harmonie. Le temple de la croix, érigé par les architectes de Cham Bahlum est une mise en pratique de ces découvertes. Mais il ne s'arrête pas là ; Cham Bahlum invente également un système de canalisations qui permet à la ville d'être alimentée en eau courante tout en drainant le surplus d'eau dû au terrain très humide.
Mais malgré ces inventions surprenantes, les cités mayas semblent avoir une durée de vie limitée et toutes s'effondrent les unes après les autres (Palenque vers l'an 900). Les causes de ces déclins ne sont pas claires et probablement multiples ; catastrophes naturelles, épuisement des sols et maladies ont surement été des facteurs trop contraignants. Les survivants de ces cités mortes se regroupent plus au nord, dans la péninsule du Yucatan. Une des plus puissantes cités de l'époque (Xème siècle après JC) Chichen Itza permet de s'arrêter sur el caracol, un observatoire astronomique d'une grande précision qui suit la course de Vénus dans le ciel. Cette prouesse, car les mouvements de l'astre de sont pas réguliers illustre leur parfaite connaissance du ciel ainsi que leur maîtrise de la mesure du temps, ce qui leur a permis d'établir des calendriers d'une grande précision, similaire à ceux utilisés aujourd'hui. D'autre part ces calendriers ont permis la construction del castillo, un palais qui représente les 365 jours de l'année et qui, grâce à une orientation et à un jeu d'ombres portées, représente, lors de l'équinoxe de printemps, l'arrivée de la saison des pluies sous la forme du serpent quetzalcoatl qui descend de la pyramide.
Dans cette même cité, la découverte des colonnades en architecture permet la construction de lieux plus usuels et plus ouverts à la population que les temples ou les palais. Mais chichen itza va connaître à son tour un déclin obscur, laissant un territoire affaibli peu avant l'arrivée des conquistadors.
En 1521, les espagnols connurent des difficultés face aux derniers Mayas mais gagnèrent en fin de compte grâce aux maladies qu'ils véhiculaient, conduisant à une extinction quasi totale des peuples précolombiens (90% de la population). L'anéantissement total ne viendra qu'en 1696, avec la chute de Tayasal. Les derniers Mayas furent persécutés face à leur résistance à l'évangélisation. Le documentaire se termine sur le portrait du moine Diego de Landa, envoyé pour répandre la religion catholique dans le Yucatan. Celui ci après avoir étudié la culture maya, fit bruler près de 70 tonnes de codex, détruisant ainsi les dernières traces d'un savoir accumulé par cette civilisation pendant plus de 1500 ans.
Ce documentaire repose sur des bases scientifiques et se borne aux constatations étayées de preuves vérifiées. Le présentateur, Peter Weller ajoute à cette caution scientifique, puisqu'il est lui même professeur de littérature et d'histoire de l'art à l'université de Syracuse. Malgré cette rigueur, remarquons que le documentaire laisse certains points dans l'ombre, comme la méthode de construction des routes d'une précision aujourd'hui inégalable ou encore une interprétation plus poussée de la stèle de Pacal. Cette stèle représenterait la résurrection du roi Pacal, grand visionnaire de la période pré-classique que certains interprètent comme une vision du roi aux commandes d'un vaisseau spatial. Cette lecture, fortement reprise par le courant du mayanisme aurait mérité une attention particulière et un avis éclairé sur la question. De même, l'explication de la méthode de construction, reposant sur l'amour de l'effort et sur des moyens rudimentaires paraît insatisfaisante, tout comme le sont celles concernant les pyramides égyptiennes. Les causes du déclin des cités est toujours obscur, notamment dans son caractère systématique, car ne peut-on croire qu'ayant l'expérience de ce phénomène, les survivants des cités du sud auraient pu prévenir les mêmes catastrophes dans des villes mieux organisées, plus « modernes »? Mais entre toutes, la lacune de cette vidéo concerne évidemment la prédiction de la fin du monde le 21 décembre 2012 ; il aurait été fort appréciable, alors que l'échéance se rapproche fortement d'avoir le point de vue sur cette question de l'un ou l'autre des intervenants, comme des éclaircissements sur la différence entre les deux jeux de calendriers mayas (l'un sacré et divinatoire, l'autre civil), ainsi que leur origine et leur méthode de transmission (question importante, lorsque l'on constate que la civilisation maya était fragmentée en différentes cités états, à la puissance et donc au rayonnement culturel de durée limitée). Toutefois, Peter Weller précise en mot de la fin que beaucoup de choses restent à découvrir dans les vestiges oubliés des villes mayas, et peut être de quoi satisfaire la soif de réponses de ceux qui prêtent à la civilisation maya une origine et des moyens bien éloignés de ceux décrits par le monde scientifique.
Lapinos35 - 26 ans - 14 pts - aucune vidéo - Nouveau - 15 Dec 10 20:57:54
Conviction : Aucune
Très bon documentaire
Mais je voudrais juste souligner quelque chose.
Pensez vous que de grandes cités (et donc civilisations) ayant pour nombreux points commun partout dans le monde: la forme de leur architecture notamment les forme pyramidales ainsi que la multitudes de dieux observés dans leur religion respectives, leur goût sensiblement identique pour les sculptures, écritures dans la pierre; d'une précision impressionnante et j'en passe et des meilleurs (Angkor, gizeh,Tenochtitlan et tant d'autres perdus ou oubliés comme l'Atlantide) ;
Pensez vous qu'elles soient toutes disparues (sans laisser de traces de la cause de cette disparition)d'un coup d'un seul comme ça, pffffiout envolée, à cause de problèmes économiques ?
Laissez moi rire.
Imaginez, nous, abandonnant nos grandes villes et capitales pour ce genre de problème et pire en même temps partout dans le monde et que des centaines d'années plus tard, tout les documents et principales archives de notre civilisation disparaissent sans aucunes traces.
Impossible je vous dis!
Regardez dont ces cités qui ne comportent aucunes traces de guerre au niveau architecture si ce n'est l'érosion du temps ou vandalisme.
Prenez moi pour un fou si le cœur vous en dit mais il est grand temps d'ouvrir les yeux.