Le complot de la reine Tiyi contre le pharaon Ramsès III - Vu 7077 fois.
Ramsès III a été le dernier grand pharaon d’Egypte, un grand guerrier et un homme très intelligent, mais même les meilleurs tombent un jour. Une archéologue nous conduit sur ces traces et va essayer de découvrir si cette illustre homme est mort de cause naturelle ou a été victime d’un assassinat.
Faisons un bon en arrière et partons dans l’ancienne Egypte :
« Nous voici en 1153 avant Jésus-Christ, Ramsès III est en train de regagner son palais pour assister à une grande fête de vingt jours, mais ce roi commence à montrer quelques signes de fatigue, n’oublions pas qu’il est entré dans sa trentième année de règne. Au sein même du palais de Médinet Habou, ces épouses donnent le signal et annoncent le début de la fête. Mais une de ces épouses, Tiyi, lui prépare un mauvais tour, en effet logiquement, le fil de sa première épouse, Isis, doit accéder au trône à la mort du pharaon, mais Tiyi n’approuve pas et préfère que ce soit son fils qui y accède. Ramsès III arrive donc au palais le soir même, bien sûr, il n'a pas idée du complot qui le menace.
La vie en Egypte n’est plus ce qu’elle était autrefois, la famine est présente et le peuple est en manque de tout, les caisses de l’état sont vides et l’économie est en crise. Les ouvriers jadis grassement payés ne sont maintenant même plus rémunérés, oui, ils travaillent pour la gloire, la gloire de leur roi, Ramsès III. L’Egypte n’est plus ce qu’elle était, elle a perdu toute sa splendeur. Bien sûr Ramsès échappe à cela, il est abrité dans un grand, magnifique palais, rien n’a de prises sur lui et ces proches, l'argent y coule à flots.
Mais la reine Tiyi est loin d’être bête, elle espère bien profiter de cette hargne que commence à avoir le peuple pour le roi pour faire accéder Pentaour, son fils, au trône.
Le soir venu et la fête commencée, alors que Ramsès III est attablé, dehors les complices de la reine sont à pied d’œuvre. L’étau se resserre, doucement, mais surement, le règne de Ramsès touche à sa fin ».
Il faut savoir qu’à cette époque, époque où le pharaon avait tout un harem, les femmes étaient en quelques sortes retenues prisonnières. Elles n’étaient que là pour donner du bon temps et du plaisir au roi, rien d’autre. Elles vivaient enfermées toutes la journée, quelques-unes avaient donc le temps de fomenter un complot. Mais à côté de cela, elles étaient parées des plus beaux bijoux, des plus belles soieries, avaient la chance de prendre des bains d’huiles précieuses, bref, la belle vie. La plupart des femmes des harems prenaient cette nouvelle attribution comme un don de dieu et faisaient tout pour ne pas décevoir le roi, mais apparemment, ce n’était pas le cas du harem de Médinet Habou.
Dans les années 1960, la dépouille de Ramsès III a été scanner, on n’y voit aucune trace, aucun traumatisme, il ne serait donc pas mort sous les coups. Mais pour assassiner un roi, on peut aisément penser que le poison par exemple serait tout indiqué.
Reprenons notre histoire :
«Les rapports qu’entretient le pharaon avec son peuple sont au plus mal. Tandis que son peuple meurt de faim, lui se pavane entouré de toutes sortes de richesse. Cela contribue au déclin de l’Egypte, c’est après cela que les ouvriers décident de faire grève, la première de l’histoire. Tout travail cesse, les ouvriers sont poussés par le manque de nourriture et d’eau. La rumeur de la grève parvient à Tiyi et à ces acolytes. Ne voilà pas une belle occasion de renverser cette situation à son avantage ? Les conditions idéales sont présentes pour une révolte digne de ce nom. La reine Tiyi recrute en secret des complices parmi les femmes du harem. Elles trouvent le moyen de communiquer avec l’extérieur, peut-être avec les hommes qui viennent livrer des marchandises au palais. Quoi qu'il en soit, des notes sont échangées, des notes qui demandent au peuple de rassembler une rébellion contre le roi.
La fête bat son plein dans le palais, tandis qu’au dehors, les ennemis qui ont cerné le bâtiment attendent le signal de la reine Tiyi. Elle charge le prêtre de la cour d’envouter par un sortilège les gardes du palais pour les endormir. L’assaut est donné, mais bien sûr le sort du prêtre n’ayant pas marché, les soldats du roi interceptent les hommes et en capture même quelques-uns.
A l’intérieur du palais, Tiyi ne sait rien de ce qui vient de se jouer à l’extérieur, mais elle lance quand même une deuxième offensive ».
Voici deux scénarios possibles :
Les poisons sont présents au palais en grande quantité, ils servent à la conception pour la plupart de médicaments. Rien n’est donc plus facile pour Tiyi d’en voler. Elle conclut un marché avec l’homme qui s’occupe principalement de la nourriture de Ramsès III et celui verse quelques gouttes de poison mortel dans une coupe de vin. Plus tard, Ramsès III rejoint les femmes de son harem pour finir la soirée en beauté, il vide sa coupe et meurt instantanément.
Ou encore :
Un serpent, une vipère des pyramides peut-être, son venin ravage le corps, il rompt les vaisseaux sanguins, ce qui a pour but l’épanchement du sang dans les tissus et finit par provoquer la mort.
Tiyi trouve un complice qui réussit à introduire une vipère dans le palais. Une des épouses glisse le reptile sous les draps du pharaon. Quand plus tard dans la soirée Ramsès III rejoint sa chambre avec son épouse, il ne pense pas une seconde qu’un serpent mortel est tapi dans son lit. L’attaque est fulgurante, sans aucune échappatoire pour Ramsès, il mourra d’ici deux semaines, une mort lente et douloureuse.
Voilà la thèse que retient notre archéologue. Plusieurs signes l’ont poussée à croire cela, d’une part, une amulette a été retrouvée, racontant que le dieu Ré avait posé son bras sur le pharaon pour annuler la morsure d’un serpent très venimeux. D’autre part, on peut voir une vipère gravée a même le tombeau de Ramsès.
Mais qu’est-il advenu des conspirateurs qui ont été fait prisonniers ? Ils sont tout d’abord torturés pour en tirer les informations voulues, informations qui remontent donc jusqu’aux principaux instigateurs, dont Tiyi, son fils, le prêtre, les femmes du harem, etc. Ils sont placés en détention, puis sont ensuite emmenés jusqu’aux grands prêtres d’Amon pour être jugés. Le verdict tombe.
- Le fils de la reine, Pentaour, est condamné à mort pour avoir incité à la rébellion, il se donne la mort seul en s'empoisonnant, sang royal oblige.
- Le prêtre est condamné pour haute trahison et il opte aussi pour le suicide.
- Le chambellan est coupable de complot, il est exécuté sur la place publique.
Trente-trois conspirateurs en tout sont tués, brulés vifs lors d’une cérémonie publique. Leur cendres sont semées sur des chemins de terre, ce qui anéanti toute forme de survie après la mort.
Mais Tiyi n’a-t-elle rien fait pour échapper à son exécution ? Si, elle et ces consœurs tentent de séduire quatre membres du tribunal dans l’espoir d’avoir leur clémence. Mais elles sont bien vite prises sur le vif, les hommes sont jugés coupable de s’être mêlés aux prisonnières et la sentence tombe, leur nez et leurs oreilles sont tranchées. La reine et le reste du harem n’échapperont pas à leur sentence. Elles sont aussi exécutées sur la place publique pour complot.
Tiyi a réussi à atteindre son but, la mort de son pharaon, mais à quel prix ? Sa folie a entraîné dans son sillon la mort de bien trop de gens. Mais qu’importe, le principal, c’est que l’honneur de Ramsès III soit enfin lavé, le pharaon peut maintenant reposer en paix et rejoindre les cieux paisiblement, tous ceux qui ont osés s’en prendre à lui sont morts.
Selon la loi de l’époque, le fils de Ramsès III, celui qu’il a eu avec la reine Isis, peut enfin accéder à son trône et il mène le pays pendant six longues années.
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