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L’Europe des premiers hommes





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L’Europe des premiers hommes - Vu 5466 fois.

Les scientifiques sont aujourd’hui unanimes pour dire que le peuplement du continent Européen est le résultat de la migration d’un petit groupe d’Homo sapiens partis d’Afrique il y a environ 40 000 ans. Mais comment nos lointains ancêtres sont-ils parvenus à surmonter tous les obstacles qui se dressaient devant eux : climat rigoureux, nature hostile, physique mal adapté ?

Une question plus cruciale se pose aussi : comment les Homo sapiens ont-ils réussi à supplanter en l’espace de quelques millénaires seulement les populations autochtones d’Europe – les Néandertaliens – pourtant beaucoup plus aptes qu’eux à survivre au sein de cet environnement hostile ? Étaient-ils plus intelligents ? Possédaient-ils des techniques et des outils plus évolués ? Savaient-ils mieux s’adapter à leur environnement afin de tirer un meilleur parti des richesses naturelles ? Ou bien est-ce une série de circonstances favorables qui permit à notre espèce de se répandre à travers toute l’Europe pendant que celle des Néandertaliens s’éteignait ?

Ce volet de la série « L’aventure des premiers hommes » nous entraîne dans le sillage de cette aventure, reconstituant l’extraordinaire périple de nos ancêtres Homo sapiens, depuis leur migration d’Afrique jusqu’à leur conquête de l’Europe, où l’essor de leur société devait jeter les bases de notre civilisation actuelle.

. Grotte aux ossements

L’enquête commence avec la grotte aux ossements, dans les Carpates (Roumanie). En 2002, des spéléologues y découvrirent par hasard une mandibule humaine. Intrigués par l’apparence peu ordinaire de ce fragment, ils décidèrent de pousser plus loin leurs investigations dans la grotte. Pour accéder à sa partie la plus importante, ils durent se faufiler à travers un réseau de galeries immergées – un périple difficile et dangereux – mais derrière ces boyaux se trouvait un véritable trésor paléontologique : des milliers d’ossements d’ours des cavernes, et surtout, les fragments d’un crâne humain.

La reconstitution de ce crâne fut un puzzle des plus complexes : pendant des mois, les archéologues et les paléontologues qui, alertés par l’intérêt du site, avaient pris le relais des spéléologues, récoltèrent patiemment les minuscules fragments d’ossements et les assemblèrent. Ils parvinrent ainsi à redonner son apparence originelle au crâne, et découvrirent, à l’absence de dents de sagesse, qu’il s’agissait de celui d’un adolescent.

Mais qui était cet individu, et quand mourut-il ? Les stalagmites de la grotte permirent de résoudre cette énigme. Grâce à la datation de la calcite qu’elles contenaient, les scientifiques établirent que le crâne reposait là depuis environ 40 000 ans. Il s’agissait là d’une découverte majeure ; en effet, le crâne appartenait au plus vieil Européen connu à ce jour !

. Il y a 70 000 ans

Aujourd’hui, les scientifiques sont unanimes pour faire remonter l’histoire du peuplement de l’Europe à un petit groupe d’individus qui aurait quitté l’Afrique, il y a environ 70 000 ans, pour s’installer dans la péninsule Arabique. Ces pionniers sont considérés comme les ancêtres de tous les habitants de la planète.

Comment ont-ils traversé les vastes étendues désertiques qui les séparaient de l’Europe ? Les chercheurs ne peuvent que formuler des hypothèses pour tenter de répondre à cette question. La plus crédible est celle d’un changement climatique qui aurait engendré des conditions plus chaudes et plus humides, transformant la région située entre le Moyen-Orient et l’Europe en vaste corridor verdoyant. Les populations venues d’Afrique auraient alors poursuivi leur progression, trouvant dans ces territoires nourriture et gibier en abondance. Des traces de peuplement retrouvées en Turquie attestent de cette lente avancée vers l’ouest du continent Européen.

. La génétique au secours de l’archéologie

Les progrès de la génétique permettent aujourd’hui de retracer le cheminement de ces premiers hommes. En étudiant l’ADN, les scientifiques trouvent en effet des traces du passé dans les populations actuelles. Jusqu’à 10% des Européens d’aujourd’hui auraient ainsi un ADN qui remonte à un groupe arrivé en Europe il y a 40 000 ans.

En ce qui concerne l’individu de la grotte aux ossements, l’hypothèse la plus probable est qu’il aurait remonté les rives du Danube jusqu’en Roumanie au sein d’un groupe venu du Moyen-Orient. A cette époque, le Danube constituait un important couloir de migration pour les animaux, et donc de chasse pour les premiers hommes. Ces chasseurs cueilleurs étaient en effet tributaires des déplacements du gibier, qui constituait leur principale source de nourriture ; leurs propres déplacements suivaient donc ceux des bêtes.

. Moulage du crâne

Délaissant quelques instants ces explications, le documentaire ouvre une parenthèse médicolégale pour nous emmener dans le laboratoire de Richard NEAVE. Travaillant sur un moulage du crâne roumain, ce spécialiste de la reconstitution faciale s’est attelé à redonner des traits à l’individu de la grotte aux ossements. Le résultat est fascinant : des couches de glaise disposées avec soin par le spécialiste émerge bientôt un visage surgi de notre lointain passé, comme si celui-ci reprenait vie devant la caméra.

Sans que l’on sache s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, l’individu ne ressemblait pas aux Européens actuels. Le visage reconstitué par Richard NEAVE présente à la fois des caractéristiques européennes, négroïdes et asiatiques, comme s’il les traits étaient en transition, ne possédant encore aucun caractère racial marqué.

. En terre néandertalienne

Il y a 40 000 ans, l’Europe était le territoire des néandertaliens. Ces lointains cousins de l’homme moderne peuplaient une grande partie du continent Européen lorsque les premiers Homo sapiens commencèrent à sortir d’Afrique. La rencontre entre ces deux espèces, dont les spécialistes estiment qu’elles se sont séparées il y a environ 700 000 ans, était donc inévitable.

Les néandertaliens étaient les autochtones. Ils possédaient une technique relativement avancée, maîtrisaient le feu, et savaient exploiter leur environnement par le biais de la chasse et de la cueillette. Les Homo sapiens occupaient la même niche biologique ; les scientifiques pensent donc que les deux espèces sont entrées en concurrence pour l’exploitation des ressources naturelles, sans toutefois que cette situation ne dégénère en une « guerre » ouverte. L’hypothèse la plus probable est qu’après une période d’observation, Néandertaliens et Homo sapiens finirent par cohabiter, voire par se mélanger entre eux par le biais d’unions, même si cette théorie est aujourd’hui encore contestée par de nombreux chercheurs. Quoi qu’il en soit, s’il y eut compétition entre les deux espèces, celle-ci se déroula dans le domaine de l’évolution : l’espèce la mieux adaptée allait survivre tandis que l’autre finirait par disparaître.

. Qui était Neandertal ?

Mais à quoi ressemblaient les néandertaliens, ces habitants originels du continent Européen ? Pour lever ce mystère, le documentaire nous emmène dans un laboratoire d’anthropologie, pour une étude comparée des squelettes de néandertalien et d’Homo sapiens.

Les squelettes néandertaliens sont robustes, avec des attaches musculaires solides et des os longs, ce dont on peut conclure qu’ils étaient des individus puissants, très musclés, et qu’ils avaient une activité importante. Ils possédaient aussi d’autres avantages sur l’Homo sapiens : une silhouette plus trapue, des membres courts, une cage thoracique évasée à la base, ce qui les rendait particulièrement aptes à survivre dans un climat plus froid. Contrairement aux idées reçues, les néandertaliens étaient loin d’être stupides : l’étude de leur boite crânienne a en effet démontré que celle-ci était d’une dimension équivalente à celle des Homo sapiens, ce qui signifie que leur cerveau était tout aussi développé.
Dans ces circonstances, pourquoi les Homo sapiens ont-ils prospéré en Europe alors que les néandertaliens, mieux armés qu’eux pour résister aux rigueurs du climat, ont fini par disparaître ?

. Course à la survie

Certains chercheurs ont évoqué la supériorité technique des Homo sapiens sur les néandertaliens pour expliquer qu’ils aient supplanté ces derniers dans la course à la survie de l’espèce. Mais des études menées sur les outils des deux groupes ont démontré que ceux-ci possédaient des techniques à peu près similaires, ce qui démonte complètement cette hypothèse.

De même, la théorie d’une meilleure adaptabilité de l’Homo sapiens à son environnement à elle aussi été aussi été abandonnée après que l’étude d’un site néandertalien situé à Gibraltar a démontré que Neandertal était aussi bon chasseur que pêcheur et qu’il savait parfaitement optimiser les ressources de son environnement naturel. Dans ces grottes aujourd’hui en partie recouvertes par la mer, les archéologues ont en effet retrouvé des restes de coquillages et de poissons, preuve que les néandertaliens qui vécurent là étaient capables de modifier leur régime alimentaire, presque exclusivement composé de viande, pour y intégrer d’autres aliments que leur fournissait leur milieu naturel.

. Flûte d’ivoire

La découverte d’une flûte d’ivoire sur un site de fouilles archéologiques, en Allemagne, va mettre les chercheurs sur une piste des plus surprenantes. Cette flûte datant de 35 000 ans, dont le son est reproduit dans le documentaire, est le plus ancien instrument de musique jamais découvert en Europe. Elle est caractéristique de l’aptitude de l’Homo sapiens à inventer et à innover sans cesse, mais elle marque aussi l’apparition de l’art, qui sera un tournant décisif dans son évolution spirituelle.

Ces mêmes fouilles vont permettre d’exhumer d’autres objets d’art attestant de cette nouvelle aptitude de l’homo sapiens : figurine de mammouth en ivoire, statuette représentant un homme à tête de lion, etc. Ces objets ne sont pas des spécimens uniques : d’autres ont été retrouvés dans la un périmètre beaucoup plus large, preuve que des échanges existaient entre les différents groupes d’Homo sapiens de cette région. Cela montre que des communautés partageaient une même identité sur un vaste territoire, avec ce que cela sous-entend comme notions d’entraide et de soutien mutuel.
En revanche, les communautés néandertaliennes avaient des réseaux sociaux beaucoup plus étriqués que ceux des Homo sapiens, vivant de manière cloisonnée, voire autarcique. Des relations sociales développées, la création d’œuvres d’art, l’échange d’idées, auraient ainsi insufflé à nos ancêtres une force qui faisait défaut aux néandertaliens, empêtrés dans un fonctionnement social archaïque. C’est cette différence qui aurait joué un rôle décisif dans la survie de notre espèce au détriment de celle de Neandertal.

. Déclin

Au cours des millénaires qui suivirent sa rencontre avec l’Homo sapiens, l’espèce de Neandertal reflua inexorablement du continent Européen, migrant sur les côtes. Gibraltar pourrait bien avoir été le dernier foyer de peuplement néandertalien d’Europe. Comme le niveau de la mer a monté depuis cette époque lointaine, les cavernes autrefois habitées par les néandertaliens sont aujourd’hui immergées, contraignant les archéologues à effectuer des fouilles sous-marines.
Ces preuves collectées au fond de l’eau permettent de lever une partie du mystère qui entoure la disparition des néandertaliens. Elles indiquent que le facteur climatique a été déterminant dans leur déclin. Pour le professeur Clive FINLAYSON, directeur du Musée de Gibraltar, une brusque modification du climat, avec plusieurs épisodes de sécheresse associés à un temps très froid, serait ainsi à incriminer. Dans des conditions extrêmes, des petits groupes d’individus, isolés et segmentés, comme l’étaient ceux qui composaient le population néandertalienne de cette époque, étaient en effet beaucoup plus vulnérable qu’une société mieux organisée, mieux structurée, connaissant l’entraide et la solidarité, telle que celle des Homo sapiens.

. Épanouissement culturel

Il y a 20 000 ans, il ne restait donc plus que notre espèce en Europe. Au cours des 10 millénaires suivants, d’autres vagues de migrants sont arrivées par l’est, produisant un épanouissement culturel et technique sans équivalent au cours de la préhistoire.

Des objets retrouvés lors de fouilles effectuées sur le site de Dolni Vestonice, en République Tchèque témoignent de ce formidable essor des Homo sapiens. Une défense de mammouth gravée de motifs curvilignes intrigue tout particulièrement les archéologues. Jiri SVOBODA, professeur à l’institut d’archéologie de Brno, livre son interprétation de cet objet : pour lui il s’agirait d’une représentation d’un village situé entre les méandres d’un fleuve. Un peu à l’écart, des motifs plus rectilignes indiqueraient les versants d’une montagne. Pour l’archéologue, cet objet atteste de l’excellente capacité des Homo sapiens à se représenter l’espace et à s’y situer. Cette défense sculptée pourrait donc être une des premières cartes de l’histoire de l’humanité.

Les habitants des lieux semblaient également maîtriser le travail de l’argile, comme en atteste la découverte d’objets finement modelés. Le plus fascinant de ces objets, baptisé « Vénus de Dolni Vestonice », est une figurine de femme en argile cuite de 111 mm de hauteur. Les archéologues ont longtemps cru qu’il s’agissait d’une représentation de la Déesse Mère associée au culte de la fertilité, mais le professeur SVOBODA avance une autre interprétation. La partie inférieure représente clairement le triangle d’un pubis, tandis que la partie supérieure évoque les organes génitaux masculins. Pour lui, il s’agirait donc d’une combinaison des principes masculin et féminin, associés en vue de créer un symbole d’unité ou d’équilibre parfait.

Des statuettes semblables ont été retrouvées un peu partout en Europe, de la France à la Russie, preuve qu’une culture commune s’était propagée à l’ensemble du continent. Cette culture marque véritablement l’avènement de l’Homo sapiens : en quelques millénaires, le petit groupe de migrants venu d’Afrique avait ainsi réussi à imposer sa domination d’un bout à l’autre de l’Europe.

. Défis climatiques

Nos ancêtres n’en eurent pas moins d’importants défis à relever, dont celui lié à l’important changement climatique qui se produisit à cette époque. Entre -22 000 et -18 000 ans, l’Europe traversa en effet une importante période de glaciation marquée par une très forte avancée des calottes glaciaires. Tout le nord du continent fut ainsi pris dans les glaces, devenant un vaste no man’s land inhospitalier.

Privés de ressources naturelles et de gibier, les Homo sapiens durent alors migrer massivement vers le sud de l’Europe, épargné par la glaciation. Dans le Périgord, des traces de peuplement datant de cette époque prouvent que même au plus fort de la période de glaciation, d’importantes communautés continuèrent à habiter dans cette région. Ces grottes de six ou sept mètres de profondeur constituaient une excellente protection naturelle contre les rigueurs du climat. Elles pouvaient abriter des groupes importants et étaient faciles à chauffer grâce à leur plafond bas.

. Art rupestre

Mais ces grottes devinrent bien plus que des abris. Cette époque marque en effet le début de l’art rupestre : découvrant les techniques du dessin et de la peinture, les premiers hommes se mettent à orner les murs de leurs abris de fresques représentant des scènes de leur quotidien : chasse, animaux dans leur milieu naturel, vie de groupe, etc.

Pour le docteur Michel LORBLANCHET, spécialiste de l’art rupestre, ces cavernes qui servaient de base aux chasseurs nomades étaient au centre de la vie des communautés, d’où leur importance à la fois logistique et symbolique. Leurs formes naturelles fantastiques – stalactites, stalagmites, arches, etc. – durent profondément impressionner les premiers hommes, qui virent dans la grotte un lieu de transition avec le monde des esprits. L’émergence de cette dimension spirituelle alla de pair avec l’apparition de l’art rupestre : pour les hommes préhistoriques, ces grottes devinrent des temples dans lesquels ils rendaient hommage aux esprits à travers leurs peintures.

Nos ancêtres peignaient beaucoup en utilisant la technique du crachis, c'est-à-dire en soufflant la peinture avec la bouche. L’intérêt de cette méthode était de pouvoir peindre sur n’importe-quel support, et notamment sur les parois rugueuses et irrégulières des grottes. Mais la peinture au crachis avait aussi une dimension symbolique : c’est par son souffle que le peintre créait l’image, se projetant ainsi lui-même dans son œuvre.

. Pigmentation

Nos ancêtres ont laissé leur empreinte sur l’Europe, mais le continent a lui aussi imprimé sa marque sur ses habitants, comme en atteste les différences de couleur de peau, de taille et de morphologie des Européens. Lorsqu’ils arrivèrent d’Afrique, les premiers Homo sapiens avaient la peau noire, pour se protéger du soleil, mais durant les millénaires suivants leur teint s’est progressivement éclairci.

La vitamine D permet d’expliquer ce processus de dépigmentation. Produite lorsque les rayons du soleil entrent en contact avec la peau, elle joue un rôle clé dans l’assimilation de certains éléments indispensables à la formation des os. Une carence en vitamine D se manifeste par l’apparition de difformités osseuses. Or, en Europe, l’ensoleillement moyen est bien inférieur à celui des tropiques : avoir la peau noire est donc un handicap puisqu’il faut beaucoup de soleil pour produire la quantité de vitamine D nécessaire au bon développement du squelette d’un individu.

Au fil des millénaires, une série d’infimes mutations génétiques aurait ainsi éclairci progressivement la peau de nos ancêtres pour leur permettre d’absorber plus de rayons solaires, augmentant ainsi les chances de survie de l’espèce.

. Essor culturel

A Göbekli Tepe, en Turquie, un site révèle l’ampleur des innovations que l’on doit aux Homo sapiens. Un temple de pierre datant de 8000 ans avant notre Ère a été mis à jour par les archéologues. Chaque pilier y figure un personnage, avec un fut pour le corps et une partie en forme de fer de marteau pour la tête. Pour l’archéologue Klaus SCHMIDT, cette réunion de créatures de pierre évoque une culture déjà très élaborée. Des animaux, des insectes, des symboles gravés dans la pierre, nous parlent de la spiritualité des hommes préhistoriques qui ont bâti ce site. Celui-ci pourrait être le premier temple de l’humanité, un temple qui jette un pont vers les croyances de nos ancêtres et leur conception de l’au-delà.

Pour Klaus SCHMIDT, cette découverte indique également un important changement de comportement chez les populations de chasseurs-cueilleurs de cette époque. La construction de ce temple marque en effet l’apparition de nouvelles techniques, comme l’extraction de la pierre dans des carrières, mais aussi celle de nouvelles castes au sein de la société : bâtisseurs chargés de concevoir l’édifice, ouvriers spécialisés dans le travail de taille des blocs de pierre, etc. L’émergence de la religion aurait donc joué un rôle important dans l’évolution de la société préhistorique, amenant celle-ci à se diversifier et à mieux se structurer.

Parallèlement à au développement de la religion, une autre révolution était en marche dans la société des premiers hommes. Les études génétiques montrent en effet que cette région de Turquie est la terre de naissance du premier blé sauvage cultivé par les hommes, c'est-à-dire le berceau de l’agriculture européenne. Pour la communauté, cette capacité de produire sa propre nourriture alla de pair avec le début d’un processus de sédentarisation. Avec le développement de l’agriculture et de l’élevage, il n’était plus nécessaire de suivre les déplacements du gibier : une partie du temps et de l’énergie de la communauté pouvait ainsi être investie dans d’autres tâches.

Ce processus de sédentarisation, survenu environ 100 000 ans après l’apparition des premiers chasseurs-cueilleurs, marque le début d’une nouvelle odyssée humaine. Après avoir survécu à leur longue migration depuis l’Afrique, après avoir supplanté les Néandertaliens dans la course à la survie de l’espèce, après avoir affronté les rigueurs d’un changement climatique, les premiers hommes allaient connaître une ère de croissance et d’expansion exceptionnelle. La préhistoire était sur le point de s’achever : la civilisation Européenne pouvait naître.

EN RÉSUMÉ : Léger : c’est l’adjectif qui caractérise le mieux ce documentaire qui ne fait que survoler son sujet. Les 40 000 ans de préhistoire séparant l’arrivée des premiers Homo sapiens sur le continent Européen de l’émergence d’une société qui allait jeter les bases de la civilisation Européenne se prêtaient pourtant à la réalisation d’une formidable saga. Hélas, le documentaire se contente de réciter sa morne leçon d’histoire, enchaînant les séquences – arrivée en Europe, rencontre avec Neandertal, épisode de glaciation, etc. – comme on tournerait les pages désuètes d’un vieux manuel scolaire.

Si les grandes étapes du peuplement de l’Europe par nos ancêtres Homo sapiens sont correctement abordées, l’absence de repères chronologiques est très gênante. Seules quelques grandes dates sont évoquées, donnant un semblant de support à la narration, mais pour le reste on doit composer avec les flous et les lacunes d’un commentaire par toujours très rigoureux, ni très inspiré ! Du coup, cette grande fresque consacrée à nos ancêtres Homo sapiens ressemble vite à une collection de vignettes décousues : ici un zoom rapide sur la rencontre avec les néandertaliens, là un passage en revue éclair de l’art rupestre, plus loin un survol rapide des pratiques religieuses… Rien de tout cela ne captive ni ne passionne vraiment. Dommage, car le sujet aurait pu donner lieu à un traitement beaucoup plus intéressant.

L’Europe des premiers hommes a été vue 5466 fois.

Complément : Préhistoire



6 commentaire(s)

gegecat - 32 ans - 1788 pts - 54 vidéos - Fanatique - 05 Dec 11 16:56:30
Conviction : Sceptique
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Houlà... Et pourquoi pas après tout...
extranéenne - 2953 pts - 97 vidéos - Véritologue - 05 Dec 11 16:55:10
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gegecat a écrit:
Et je pense qu' on trouvera d' autres spécimens encore plus vieux...

Oui, peut-être même en creusant sur mars biggrin
gegecat - 32 ans - 1788 pts - 54 vidéos - Fanatique - 05 Dec 11 16:53:40
Conviction : Sceptique
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extranéenne a écrit:
Ardi, révèle donc que notre plus vieil ancêtre était déjà bipède : il marchait sur ses deux pieds et non à quatre pattes.

Et je pense qu' on trouvera d' autres spécimens encore plus vieux...
extranéenne - 2953 pts - 97 vidéos - Véritologue - 05 Dec 11 16:47:51
Conviction : Aucune
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Je me suis toujours demandée jusqu'à qu'elle hauteur l'imaginaire influençait les interprétations de nos découvertes,et je crois que c'est bien plus qu'on ne peut l'imaginer.. smile

Les paléo-anthropologues admettent donc aujourd'hui que l'australopithèque,sont trop éloignés de l'homme pour ce qui est du cerveau et du corps pour en faire des ancêtres du genre humain.

La théorie de l'évolution a en effet beaucoup influencée et on a cherché pendant des décennies les fameux "chaînons manquants" entre les espèces, supposées dériver les unes des autres. L'idée que l'homme descend du singe est un pré-supposé qui oriente les paléo-anthropologues dans leur interprétation des ossements retrouvés..

L'exemple du Néandertalien en est une autre illustration,il a été décrit jusque dans les années 70-80 comme un homme presque singe.un caractère primitif, qui faisait de lui une brute mi-homme, mi-singe, voûtée et simple d'esprit.

Et, pour forcer la réalité à rejoindre la théorie Darwinienne, on s'est appliqué à des reconstitutions "animalisantes" de ce dernier. Aujourd'hui, heureusement, la rigueur scientifique a prévalu sur les préjugés et l'on reconnaît Néanderthal comme le vrai homme qu'il est.

http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=342&n1=1&n2=49&n3=0

avant l'homme descendait du singe..l'homme aboutissement de l'évolution et de l'intelligence

ensuite l'homme et le singe sont devenus cousins..
l'homme se détache un peu plus de lui

maintenant, des découvertes tendraient à défendre l'idée que le singe descend de l'homme smile

on n'est plus dans l'évolution..mais la spéciation
on peut régresser par nécessité environnementale,on
s'adapte plus que l'on "évolue" nuance en accords avec les plus récentes découvertes..

Ardi le squelette d'une hominidée vivant en Éthiopie il y a 4,4 millions d'années,beaucoup plus vieille que Lucy mignonne australopithèque..

Ardi, révèle donc que notre plus vieil ancêtre était déjà bipède : il marchait sur ses deux pieds et non à quatre pattes.

mais certains seront sans doute rassuré de savoir,que si Ardi bouleverse le schéma de l'évolution, il confirme le principe darwinien d'une origine animale de l'humanité et d'une différenciation des espèces "s'adaptant" à la modification de leur milieu.

http://www.philomag.com/fiche-philinfo.php?id=158
gegecat - 32 ans - 1788 pts - 54 vidéos - Fanatique - 05 Dec 11 16:09:06
Conviction : Sceptique
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Oui.. Excellent
Lisa - 519 pts - 9 vidéos - Chercheur - 05 Dec 11 13:22:16
Conviction : Aucune
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Très intéressant ce documentaire +10 biggrin

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