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Jason Bourne: Quand la fiction s'inspire de la réalité





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Jason Bourne: Quand la fiction s'inspire de la réalité - Vu 7779 fois.

Créé sous la plume de l’écrivain Robert LUDLUM, le personnage de Jason BOURNE incarne la machine à tuer telle qu’en rêvent les services secrets et les militaires du monde entier : un homme qui a subi un lavage de cerveau et a été « reprogrammé » en vue de commettre des assassinats ciblés pour le compte d’une mystérieuse organisation appelée Treadstone.

En 2008, les aventures de cet agent secret hors du commun ont été adaptées au cinéma dans « La Mémoire dans la Peau», réalisé par Doug LIMON, avec Matt DAMON dans le rôle principal. Ce numéro de la série « Un film, une histoire », émission qui se propose de décrypter les faits réels qui ont inspiré certaines fictions cinématographiques, s’intéresse à la part de vérité contenue dans les aventures de Jason Bourne. Sont-elles une pure invention des scénaristes hollywoodiens, ou bien les péripéties de l’agent secret sans mémoire ont-elles été inspirées par certains faits réels représentatifs des agissements des services secrets Américains ?

. De « The Enterprise » à « Treadstone »

Dans « La mémoire dans la peau », le personnage principal, Jason Bourne, est en butte aux agissements d’une mystérieuse organisation appelée Treadstone. Cette cellule secrète, qui transforme des individus en machines à tuer qu’elle utilise pour servir ses plans, opère à l’insu du gouvernement officiel. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette organisation est inspirée d’une véritable cellule secrète qui a existé au sein de la NSA, la toute puissante Agence Nationale pour la Sécurité Américaine.

Dans les années 80, cette cellule aurait fourni des armes de à l’Iran, pourtant alors ennemi juré de l’Amérique, en échange de la libération d’otages, mais surtout de sommes considérables d’argent liquide. Cet argent occulte participait au financement des Contras, des groupes de lutte armée opposés au gouvernement sandiniste du Nicaragua. Elus démocratiquement, les sandinistes venaient de succéder, après une guerre civile sanglante, au dictateur Somoza, au pouvoir depuis cinq ans et allié des États-Unis. Or, le nouveau gouvernement, ouvertement à gauche, inclinait pour un rapprochement avec Moscou, ce qui était inenvisageable aux yeux de certains membres de l’administration Américaine. Wayne MADSEN, ancien analyste de la CIA interrogé au début de ce documentaire, évoque la constitution au sein de la NSA d’une branche secrète qui s’était fixé pour objectif de venir à bout du régime sandiniste, n’hésitant pas pour cela à fournir des armes à l’Iran en vue de récolter des fonds secrets destinés aux Contras. Ces activités hautement secrètes étaient tout ce qu’il y a de plus illégales, puisqu’elles se faisaient sans l’aval du gouvernement Américain.

Il faudra attendre 1986 et le lancement d’une enquête diligentée par le Congrès Américain, pour que la lumière se fasse sur l’existence de cette branche secrète de la NSA. Arthur LIMAN, père du réalisateur de « La mémoire dans la peau », Doug LIMAN, dirigea cette enquête qui révéla que des personnalités importantes des services secrets et de l’armée étaient impliquées, opérant à l’insu du gouvernement. Persuadés de servir une cause juste, ces individus qui avaient baptisé leur projet « The Enterprise », étaient prêts à violer la loi de la plus grande démocratie mondiale pour parvenir à leurs fins. 16 ans plus tard, Doug Liman intègrera des éléments de l’enquête menée par son père au scenario de son film, « The Enterprise » devenant « Treadstone ».

. Supers agents

Après cette révélation en forme de leçon d’histoire, le documentaire s’intéresse aux compétences martiales de Jason BOURNE dans le film. Difficile de le croire quand on le voit se débarrasser à mains nues de plusieurs adversaires armés, ou slalomer au milieu de la circulation avec l’aisance d’un pilote de rallye à l’occasion de scènes de poursuite automobile, mais de tels « supers-agents » existent réellement. On les trouve principalement au sein des unités d’élite de l’armée Américaine telles que la Delta Force, ou les Navy Seals.

J.J. GREEN, spécialiste de la sécurité nationale Américaine, évoque ces surhommes rompus à toutes les techniques de combat, d’infiltration et de camouflage. Soumis à un entraînement quasi permanent, ils doivent apprendre à se servir de tous les modèles d’armes à feu, du fusil de chasse le plus rudimentaire au pistolet mitrailleur dernier cri. Ils bénéficient aussi d’un entraînement spécifique à la conduite automobile qui leur permet de maîtriser n’importe-quel type de véhicule lors d’une poursuite ou en cas de fuite.

Ces agents-secrets d’élite doivent également apprendre à tuer sans l’aide d’une arme, en utilisant des objets aussi anodins qu’un trousseau de clés ou un stylo bille. Jeff MOUNT, professeur d’auto-défense auprès des forces spéciales, explique ainsi que « La Mémoire dans la Peau » est très fidèle à la réalité de ce que vivent certains agents durant leurs missions. Jason BOURNE est loin d’être une pure invention des scénaristes hollywoodiens ; il existe dans la réalité des agents aussi redoutables que lui, capables de neutraliser plusieurs ennemis à mains nues ou de tuer quelqu’un avec une arme improvisée à partir d’objets de la vie quotidienne. Des démonstrations assez spectaculaires ponctuent cette partie du documentaire.

. Conditionnement psychologique

Mais la réalité du métier d’agent secret ne se limite pas à ces compétences martiales. Dans le film, l’organisation Treadstone fait subir un entraînement psychologique redoutable à Jason BOURNE : privation sensorielle, exposition à des températures extrêmes, simulation de noyade, etc. Une telle préparation existe aussi dans la réalité. Partant de l’idée que plus un agent est préparé aux différents types de tortures qu’il risque de subir, moins il y sera vulnérable, les responsables de ces formations ont mis au point des stages de préparation redoutables au cours desquels ils simulent la détention en milieu hostile.

Au cours de ces programmes particulièrement éprouvants, les sujets sont privés de sommeil et de nourriture, enfermés dans des espaces exigus, contraints d’adopter des positions douloureuses, ou encore soumis à des températures extrêmes pendant des heures. Deux ou trois jours passés dans ces conditions donnent aux personnes l’impression d’être réellement tombés aux mains de l’ennemi, les plongeant dans un état de stress intense qu’ils doivent apprendre à surmonter. Aussi discutables soient-elles d’un point de vue psychologique, ces préparations sont considérées comme très utiles par les agents eux-mêmes car elles leur permettent de se cuirasser psychologiquement et de se préparer à ce qu’ils risquent de rencontrer dans la réalité. Leur postulat est le suivant : si une torture n’est pas nouvelle, elle n’est pas stressante, ce qui permet d’y résister plus facilement.

. Lavage de cerveau

Mais ces techniques de déstabilisation mentale ont un autre but moins avouable : voir s’il n’est pas possible, dans certains cas, de provoquer chez le sujet un lavage de cerveau. Derrière cela se cache le souhait de disposer d’individus malléables qu’il deviendrait possible de « reprogrammer » en vue d’accomplir des missions bien précises. En l’occurrence, des assassinats.

Colin ROSS, spécialiste des techniques de manipulation mentale, explique que la clé de voûte de ces procédés est l’hypnose. Le sujet est conditionné pour réagir à un certain type de stimulus – morceau de phrase, nom de code, musique, etc. – qui déclenche l’exécution de l’ordre préalablement implanté dans son esprit. C’est la technique dite « du déclic », qui permet le basculement d’une personnalité à une autre chez le sujet programmé. Une fois sa tâche accomplie, celui-ci reprend le cours de sa vie normale sans garder le moindre souvenir de ce qu’il a fait.

Mais cette technique est-elle au point ? Donne-t-elle les résultats escomptés sur les sujets programmés ? Et surtout, a-t-elle déjà été mise en pratique par les services secrets ?

. Projet MK-ULTRA

On sait aujourd’hui que des expériences secrètes dans le domaine de la manipulation mentale et du lavage de cerveau ont été menées par la CIA dès les années 50 dans le cadre d’un projet secret nommé MK-ULTRA.

Pendant la guerre de Corée, les militaires Américains se seraient étonnés de voir certains des leurs tombés aux mains de l’ennemi Nord-Coréen se repentir publiquement et tenir des discours viscéralement antiaméricains dans des émissions diffusées par la propagande communiste. Ne voulant croire à des actes de trahison de la part de leurs soldats, les militaires ont subodoré que ceux-ci avaient été drogués ou hypnotisés, devenant à leur insu les instruments de la propagande ennemie.

C’est dans ce climat paranoïaque que la CIA lança le programme secret MK-ULTRA. L’agence Américaine souhaitait expérimenter les effets de certaines drogues et psychotropes sur l’esprit humain en vue de protéger ses agents contre leur utilisation dans le cadre d’interrogatoires. Mais très vite, le projet MK-ULTRA s’orienta vers d’autres buts moins avouables. Dirigé par le Dr Sidney GOTLIEB, chimiste et psychiatre militaire, il devint la plus vaste expérience de manipulation mentale jamais réalisée sur le sol des États-Unis.

Des essais furent d’abord menés sur des individus isolés conditionnés par l’utilisation de l’hypnose associée à des psychotropes afin d’effectuer certaines actions programmées en réponse à des stimuli précis. L’efficacité variant d’un sujet à l’autre, aucune conclusion définitive ne put cependant être tirée quant à l’efficacité de la méthode utilisée. GOTLIEB décida alors de passer à l’expérimentation de masse en utilisant du LSD sur des personnes qui ignoraient qu’elles servaient de cobayes. Ce furent d’abord les clients de prostituées payées par la CIA qui servirent pour ces expériences, puis les employés de l’Agence eux-mêmes, drogués à leur insu à l’occasion de séminaires ou de soirées. L’un d’eux, Frank OLSON, connaîtra une fin tragique à cause de ces expériences. Ayant reçu une dose de LSD à l’occasion d’une soirée entre collègues, ce scientifique qui travaillait au projet MK-ULTRA déclencha un épisode psychotique aigu. Souffrant ensuite d’une grave dépression post-traumatique, OLSON sera envoyé à New York pour y recevoir des soins psychiatriques. C’est là qu’il se défenestrera depuis sa chambre d’hôtel, s’écrasant treize étages plus bas. La vérité sur sa mort ne sera révélée à sa famille qu’en 1975, levant du même coup une partie du voile qui recouvrait les expériences secrètes de la CIA sur la manipulation mentale. Mais pendant les 20 années qui précédèrent, celles-ci n’auront cessé de s’amplifier, franchissant à chaque fois un degré dans l’horreur.

. Cobayes humains

L’affaire Olson n’est en effet que la partie émergée de l’iceberg. Loin de décourager la CIA, qui l’étouffa consciencieusement en la faisant passer pour un accident, elle poussa au contraire les responsables du programme MK-ULTRA à multiplier les expérimentations sur des cobayes humains. Après les clients de prostituées et ses propres agents, l’Agence jeta son dévolu sur les patients d’hôpitaux psychiatriques, dont l’isolement et la fragilité psychologique constituaient à ses yeux des « atouts » de choix en vue de les transformer en sujets d’expérimentations.

Un peu partout dans le pays, des hommes et des femmes furent ainsi « sélectionnés » en fonction de leur profil et intégrés au programme MK-ULTRA. Karen WETMORE fit partie de ces malheureux qui, entre les mains des médecins de la CIA, vécurent un véritable enfer psychique. Au début des années 70, cette jeune femme fut admise en hôpital psychiatrique pour un problème de schizophrénie. De son témoignage, qui constitue l’un des moments forts de ce reportage, il ressort qu’elle fut placée à l’isolement, contrainte de porter une camisole pendant sept mois et soumise à des injections de substances chimiques et de drogues destinées aussi bien à altérer le fonctionnement de son esprit qu’à effacer sa mémoire. C’est la consultation de son dossier médical qui permit à Karen WETMORE de reconstituer une partie de l’enfer qu’elle subit durant son séjour en hôpital psychiatrique, car sa mémoire, durablement altérée par les drogues, est désormais irrémédiablement atteinte.

Colin ROSS, qui assiste Karen WETMORE dans ses démarches auprès de l’administration hospitalière, pense que la jeune femme a été intégrée au programme MK-ULTRA parce qu’elle souffrait d’un trouble dissociatif de l’identité, ce qui la rendait particulièrement vulnérable à la manipulation mentale. Du pentylènetétrazol, plus connu sous le nom de « sérum de vérité », lui aurait ainsi été injecté à hautes doses ; elle aurait en outre subi de nombreuses séances d’électrochocs destinées, selon le Dr ROSS, à « laver » se mémoire de tous les souvenirs qu’elle contenait. Qu’a-t-on fait subir d’autre à Karen WETMORE ? A-t-elle été contrainte d’agir contre sa volonté ? Quels actes a-t-elle commis sous l’emprise des drogues qui modifiaient son comportement ? Et surtout, qu’a-t-on voulu lui faire oublier à coups d’électrochocs ? Ces interrogations ne trouveront jamais de réponses, car la mémoire de Karen WETMORE, comme celle de Jason BOURNE, est un champ de ruines. Seuls restent aujourd’hui la souffrance et le désarroi de cette femme que l’on a dépossédée d’une partie de sa vie.

. Révélations

Malgré ces années d’expériences secrètes, la CIA n’est semble-t-il jamais parvenu à créer l’assassin « parfait » dont elle rêvait dans son programme. Le projet MK-ULTRA prendra fin en 1975, lorsque les exactions commises par ses responsables seront portés à la connaissance du grand public suite à l’affaire Olson. La commission sénatoriale qui enquêta sur ces agissements ne révéla pas seulement près de deux décennies d’expérimentations menées sur des cobayes humains au mépris des droits les plus élémentaires de la personne, elle mit également à jour l’existence d’un vaste programme d’assassinats ciblés mis au point par la CIA. Pour cela, l’Agence avait recruté une véritable armée d’assassins chargés d’exécuter un certain nombre de personnalités ou de chefs d’état dont les agissements étaient considérés comme opposés aux intérêts des États-Unis dans le monde.

Fidel CASTRO figurait en tête de cette liste, ainsi que Patrice LUMUMBA, premier Premier ministre de la jeune République du Congo, qui venait d’accéder à l’indépendance. La dernière partie du documentaire, centrée autour du témoignage de Maureen DEVLIN, fille du responsable de l’antenne de la CIA au Congo à cette époque, Larry DEVLIN, évoque la machination orchestrée par les services secrets Américains en vue de faire disparaître LUMUMBA. Celui-ci était en effet partisan d’un rapprochement avec le bloc soviétique, rapprochement que les Américains ne pouvaient tolérer dans le contexte de la Guerre Froide. Un parallèle est établi avec le passage de « La Mémoire dans la Peau » dans lequel Jason BOURNE, sur le point d’assassiner un dirigeant Africain, renonce finalement à son entreprise. A l’époque, Larry DEVLIN aurait agi de la même façon en refusant de s’impliquer dans l’assassinat de Patrice LUMUMBA. Celui-ci sera finalement enlevé par ses ennemis politiques Congolais et exécuté le 17 janvier 1961. Aussi intéressante soit-elle sur le plan historique, cette partie du documentaire est cependant la moins captivante, car elle n’entretient qu’un rapport lointain avec le film. Surtout, elle se démarque radicalement des thèmes de la manipulation mentale qui ont été évoqués auparavant en revenant à une vision plus « classique » des agissements des services secrets Américains.

. Et maintenant ?

L’enquête menée par la commission de 1975 a permis de mettre fin aux programmes de manipulation mentale et d’assassinats ciblés mis au point par la CIA. Toutefois, d’après certains experts, d’autres techniques auraient été développées depuis. L’une des plus redoutables serait la stimulation magnétique transcranienne, qui consiste à envoyer des impulsions magnétiques dans différentes zones du cerveau qui régissent le comportement afin de le modifier. Il deviendrait ainsi possible d’altérer le fonctionnement psychologique d’un individu, voire d’induire de faux souvenirs dans sa mémoire, ou d’en effacer d’autres…

Les attentats du 11 septembre et la volonté de l’administration Américaine d’éradiquer la menace terroriste incarnée par Al-Qaïda en autorisant les assassinats ciblés de ses dirigeants ont ranimé les vieux démons qui sommeillaient chez certains militaires. Le projet de fabriquer des machines à tuer à partir d’humains manipulés mentalement est-il resté un fantasme hérité de l’époque de la Guerre Froide, ou bien l’évolution des sciences et des technologies le rend-elle aujourd’hui possible ?

Au-delà de ce questionnement scientifique, s’il devenait possible de créer ces « supers assassins » capables de réussir leur mission à coup sur dans n’importe-quel endroit du monde, comment justifier moralement de telles pratiques ? Frederik MITZ, inspecteur général de la CIA entre 1990 et 1998, résume ce débat à une problématique aussi simple que dérangeante : si Hitler avait pu être assassiné avant d’avoir perpétré ses crimes, la décision de le supprimer n’aurait-elle pas été juste ? Mais cette même décision n’aurait-elle pas conféré un pouvoir démesuré à celui qui l’aurait prise ? Comment dès lors être certain que l’utilisation d’un tel pouvoir n’ouvrirait pas une boite de Pandore dont pourraient sortir certaines horreurs bien pires que celles que l’on voudrait guérir ?

Jason Bourne: Quand la fiction s'inspire de la réalité a été vue 7779 fois.

Complément : CIA Projet MK-ULTRA



4 commentaire(s)

Niou-Jack- cité - 95 ans - 33 pts - aucune vidéo - Nouveau - 29 Oct 11 21:05:11
Conviction : Aucune
Avertir le modérateur
Intéressant même si on ne dit rien de nouveau et la promotion du film en question est trop présente à mon goût.

Des grand malades quand mêmes ces agents de la C.I.A.
Bourne - 19 ans - 3 pts - aucune vidéo - Nouveau - 28 Oct 11 20:42:39
Conviction : Convaincu
Avertir le modérateur
AHAH merci ce reportage est juste parfait pour moi !
Jemini - 22 ans - 195 pts - 2 vidéos - Curieux - 27 Oct 11 12:32:55
Conviction : Aucune
Avertir le modérateur
Marrant quand on pense qu'on a tous pu passer a côté d'un tueur légal secret dans la rue sans vraiment y faire attention x)
razdelyon2 - 21 ans - 415 pts - 50 vidéos - Chercheur - 26 Oct 11 21:08:59
Conviction : Sceptique
Avertir le modérateur
Mystérieux ?

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