Les expériences de mort imminente sont de plus en plus médiatisées. Pour preuve, ce reportage de la chaîne canadienne Canal D qui, au travers d'une reconstitution, retrace les différentes étapes de ces expériences extrêmes. Les expériences de mort imminente (EMI) sont connues du monde scientifique occidental depuis la fin du XIXème siècle, par le biais des théories de Victor Egger, mais comme tout phénomène humain, les EMI existent sans doute depuis l'aube de l'humanité. Encore une fois devant un tel phénomène, les visions scientifiques et mystiques s'affrontent, car il ne s'agirait pour les uns que d'une hallucination générée par un cerveau en détresse et pour les autres des premières réponses entourant le grand mystère qu'est la mort.
Les EMI, comme le rappelle l'introduction du reportage sont sensiblement voisines les unes par rapport aux autres, et ce quels que soient le sexe, l'âge la religion ou la culture. Gilles Bédard, intervenant du documentaire raconte sa propre expérience. Il a été en contact avec des entités lumineuses, qu'il ne reconnaît pas comme humaines tout en étant familières. Claudette Cousineau, également revenue de la mort raconte quant à elle la traversée d'un tunnel qui s'élargissait peu à peu et débouchait sur une grande lumière.
La mort clinique est prononcée après l'arrêt des pulsations cardiaques, qui entraînent un manque d'oxygénation du cerveau et l'inconscience. Durant quelques minutes, la réanimation est possible mais plus l'arrêt cardiaque dure, moins il y a de chances que la réanimation fonctionne. C'est durant ce laps de temps que surviennent ce que l'on peut qualifier d'EMI.
Le premier à parler ouvertement d'EMI est Raymond Moody, médecin et docteur en philosophie dans son ouvrage « la vie après la vie ». Ce livre fit scandale auprès des fondamentalistes religieux, car il touchait à leur domaine de « compétences ». Selon le père Benoit Lacroix, la croyance en la vie après la mort permet de spiritualiser son existence et espérer retrouver à la fin les êtres chers disparus, ou encore le Dieu qu'ils adorent. La mort, plus qu'une simple perception, est toutefois transcendée par les souvenirs ou l'amour qui unissent les êtres. Ces liens poussent à imaginer la mort et à la rendre moins effrayante et peut être pleine de promesses. Les expériences de mort imminente bouleversent la vie de ceux qui les ont vécues, changeant radicalement leur manière de voir le monde.
Les trois témoins de l'émission, Jules Bédard, Louise Thoin et Claudette Cousineau racontent tour à tour leurs EMI. Suite à un grave problème de santé, ils se sont sentis sortir de leurs corps, tout en ayant conscience de l'activité de la pièce et de leur possible état de mort.
Roger Godbout exprime son opinion ; malgré les convergences de certains récits du « mort » et des autres personnes présentes dans la même pièce, il pense que les EMI sont générés par des dysfonctionnements cérébraux.
Le cerveau est évidemment concerné, mais en rapprochant la décorporation des EMI et certaines expériences mystiques comme le voyage astral, un simple changement dans la chimie du cerveau pourrait être l'origine de ces expériences tout en favorisant l'hypothèse d'un autre monde, accessible uniquement grâce à l'esprit et non à la matière. Les décorporations sont connues depuis des millénaires, spécialement dans les religions orientales, dans lesquelles la pratique de la méditation et la contrition sensorielle ont des places centrales.
Mario Beauregard, scientifique ouvert d'esprit regarde le phénomène comme une possibilité. Il se souvient d'une patiente décrivant son opération, durant laquelle elle avait été plongée en état de mort clinique. Bien que son activité cérébrale ait été nulle, elle a vécu l'expérience en dehors de son corps.
Lors de l'expérience a proprement parler, les témoins racontent la vision d'un tunnel sombre et de la lumière qui y brille, une lumière qui apparaît souvent comme consciente et porteuse d'une paix jusqu'alors inconnue. Ce tunnel pourrait être une réminiscence de la naissance, car la traversée d'un tunnel avec des gens pour nous accueillir au bout semble similaire dans les deux cas.
La paix et la félicité commune à bon nombre d'EMI est parfois difficile à quitter ; en effet certains revenus développeraient à leur retour une nostalgie de cet état de conscience modifiée. Ayant perdu l'envie de vivre au contact d'une matérialité devenue oppressante, l'EMI peut être vécue comme une malédiction. Cependant, la majorité des revenus n'ont plus peur de la mort et vivent cette expérience comme une renaissance.
Les EMI posant la question de la vie par rapport à la mortalité peut également englober des questionnements spirituels. Ainsi, Claudette Cousineau s'est tourné vers la contemplation, proche des pratiques des religieuses carmélites (si une hiérarchie entre les ordres religieux selon la ferveur et la rigueur de la foi devait être établie, les carmélites occuperaient la première place). Celles-ci en se retirant du monde vivent une expérience, l'unio mystica qu'elles interprètent comme le langage de Dieu et qui les plonge dans une transe appelée « félicité ».
Le retour dans le corps est vécu comme une sensation désagréable de confinement et une reprise de la douleur. L'élément déclencheur de la ré-incorporation semble être volontaire, dans le cas de Claudette Cousineau la pensée de laisser ses enfants derrière elle. Quant à lui, Gilles Bédard est revenu après avoir reçu la révélation qu'il avait encore des choses à accomplir dans le monde matériel.
Le récit de l'expérience est difficile, surtout auprès de personnes totalement étrangères au phénomène, la mort étant encore taboue et mal acceptée dans nos sociétés. De plus l'expérience est d'ordre intime et change l'existence de ses témoins, et ils ne partagent leur expérience qu'après avoir compris que d'autres personnes l'avaient elles aussi vécue, et qu'il ne s'agit ni d'un rêve ni d'une simple hallucination.
Ce documentaire, bien qu'enrichi par des témoignages touchants et apparemment sincères, est desservi par la reconstitution, qui illustre une situation exagérée. Le retour du malheureux joueur de squash se fait après la fin des tentatives de réanimation, ce qui est impossible. En effet le concept de « mort imminente » est basée sur un malentendu dans le vocabulaire, que ce reportage n'éclairçit pas. En effet, selon un avis hautement autorisé (un anesthésiste-réanimateur a bien voulu nous éclairer sur la question) la mort clinique est prononcée après l'absence d'activité cérébrale mesurée deux fois dans un intervalle de trois à six heures, sans qu'aucune intervention extérieure ne puisse l'expliquer, comme certains médicaments ou l'hypothermie. Les réincorporations ne rentrant pas dans ces exigences (bah oui ils sont revenus!) on ne peut pas proprement parler de mort. Ainsi, on ne peut pas comparer les EMI à ce que pourrait être la mort, car les revenus n'en ont vécu que les prémices, au même titre que le passage dans une salle d'embarquement d'un aéroport ne peut être décrit comme le voyage en avion dans son entier. De plus comme nous l'a judicieusement rappelé l'anthropologue Luce Des Aulniers la promesse de la mort et de notre prochain anéantissement est ce qui nous fait vivre, nous dépasser par l'envie de laisser une trace qui nous survivra. Il existe donc un réel enjeu éthique dans les tentatives de résolution de ce mystère. Si la mort n'est plus effrayante, qu'une autre vie auprès de nos êtres chers est garantie dans la plus totale félicité, pourquoi s'attarder sur Terre? Notre instinct de conservation ne pourrait plus être ressenti, alors que c'est le seul point commun entre toutes les créatures vivantes.
EMI : aux frontières de la vie a été vue 7039 fois.
Baiedeau - 3 pts - aucune vidéo - Nouveau - 05 May 11 08:42:06
Conviction : Aucune
Désiré a écrit: Ex : si nous sommes 15 personnes à respirer très fort, au bout d'un moment nous aurons tous les mêmes sensations. Autre ex : si l'on tape fort sur la tête de plusieurs personnes pour qu'elles tombent dans le coma, elles auront toutes l'impression d'avoir vu la même chose.
Je sais pas si c'est l'heure, mais je vois pas trop ce que t'essaye d'expliquer avec ça. Déjà, tes exemples sont faux, du début à la fin.
"Si l'on tape fort sur la tête de plusieurs personnes pour qu'elles tombent dans le coma, elles auront toutes l'impression d'avoir vu la même chose "
C'est mignon tout pleins, ça veux rien dire, mais ça aura eu le mérite de me faire sourire.
plume a écrit: et si la conscience était la vie et l'inconscience la mort?
Pour le moment c'est juste en tout cas pour ma part, car on a tous bien conscient d'être en vie, mais vu qu'on sais rien sur la mort ou ce qu'il y a après, je pense qu'on peut dire que c'est pour le moment l'inconscience. Ou peut être une fois mort on aura comme une prise de conscience, c'est peut être ce qui arrive a tous ceux qui on eu une E.M.I.,d'ailleurs souvent ils disent que leurs propre vie a pris un autre sens.
Pour tout commencement il faut une fin... C'est philosophique tout ça... mais intéressant .
Désiré - 79 ans - 19 pts - aucune vidéo - Nouveau - 03 May 11 17:03:31
Conviction : Convaincu
Les gens qui tombent dans le coma et reviennent à la vie font à peu près tous le même récit des visions qu'ils ont eues à l'approche de la mort.
Et si c'était des réactions électrochimique du cerveau reposant sur la mémoire ? Un phénomène donné correspond à une réaction physique donnée qui sera la même pour tous.
Ex : si nous sommes 15 personnes à respirer très fort, au bout d'un moment nous aurons tous les mêmes sensations. Autre ex : si l'on tape fort sur la tête de plusieurs personnes pour qu'elles tombent dans le coma, elles auront toutes l'impression d'avoir vu la même chose.
Elles décriront les réactions chimiques de leur cerveau. Tous les cerveaux humains sont identiques c'est normal à mon humble avis qu'ils aient les mêmes réactions, les mêmes visions. C'est peut-être aussi du à une programmation génétique.
Lobisomem - 38 ans - 19 pts - 6 vidéos - Nouveau - 03 May 11 13:07:26
Conviction : Entre deux
Bon documentaire, merci de l'avoir proposé
Cette question de l'EMI reste sans réponses, ceux qui l'ont vécu ont l'air de bonne foi et persuadés que ca leur est vraiment arrivé.
Malheureusement la science n'a pas pu encore prouver s'il s'agissait d'une réaction naturelle de notre cerveau ou si ces expériences sont vraiment de nature mystique et inexplicables pour les esprits cartésiens.
Sujet toujours aussi troublant et même si je suis souvent de nature rationnelle, une petite partie de moi a envie d'y croire.