Combat inégal entre Viktor Orekhov et le KGB - Vu 4393 fois.
Nous sommes le 25 août 1978, l’officier du KGB Viktor Orekhov est arrêté, il a pactisé avec les dissidents communistes et il va le payer, sa vie est en train de basculer. Il est tout de suite emmené à la prison de Lefortovo et isolé. C’est au bout de trois jours seulement qu’ils commencent à l’interroger et à le questionner de manière concrète, c’est également à ce moment-là qu’il a compris le motif de son arrestation.
Le siège du KGB à Lubianka a connu tout au long de son histoire, bon nombre d’espions, mais jamais un de leurs agents ne s’était tourné vers les dissidents. Viktor Orekhov est le seul à être passé de la répression envers eux, à leur combat acharné.
Viktor Orekhov a dû quitter la Russie c’est donc aux États-Unis qu’un journaliste l’a retrouvé. Mais laissons-le nous raconter son histoire.
Il effectue son service militaire au KGB, car sa famille est très fidèle à l’état Russe. Il est considéré comme quelqu’un de stable et de sérieux, c’est pour cette raison qu’il est assigné au poste frontière. Il est ensuite envoyé par ces professeurs à l’école supérieure du KGB, il a un bel avenir très prometteur.
Mais les soviétiques prennent vite conscience de la dureté de leur système et commencent peu à peu à s’affranchir. C’est à ce moment-là que Viktor Orekhov commence à falsifier ces rapports, il veut avoir un regard moins catégorique sur les infractions, de plus il ne veut pas couper l’herbe sous le pied de la jeunesse soviétique.
Un peu plus tard, Viktor Orekhov est sommé de contrôler les manifestations des dissidents, ce qui n’est pas tâche facile, car le peuple commence à adhérer à leurs propos.
Le général Filipp Bobkow explique que son but n’est pas de combattre les dissidents et encore moins de les opprimer, mais la réalité est que cet homme considère les dissidents comme des malades mentaux, ils sont donc arrêtés, emprisonnés, emmenés dans des camps, mais également internés en hôpital psychiatrique. En quelque sorte, le KGB veut déclarer fou tous ceux qui pensent différemment. Les dissidents internés sont torturés.
Au KGB il y a un système de récompense pour les meilleurs officiers, ils sont en effets envoyés en voyage à l’étranger. C’est ainsi que Viktor Orekhov est envoyé au Japon. C’est là qu’il se rend compte que le Japon n’a rien à voir avec le pays qu’on lui a décrit, ou que le KGB lui a décrit, c’est un pays avancé qui a de la ressource et qui n’est pas si pauvre que l’instance a bien voulue le faire croire. Viktor Orekhov commence alors à comprendre que les informations données par le KGB sont en réalité exactement le contraire de ce qui se passe réellement.
De retour du Japon, il se voit confier le dossier d’un informaticien connu pour diffuser de la littérature interdite. Il doit vérifier le risque que représente cet homme et lui confisquer la littérature interdite, mais au lieu de cela, Viktor Orekhov la lui empreinte pour la lire. Une relation amicale commence entre les deux hommes.
Mais Viktor Orekhov a le coup de grâce quand un grand général qui n’a rien fait de mal, sauf si ce n’est affirmer son désaccord, est déchu de son rang et interné d’office, puis par la suite, privé de sa nationalité alors qu’il avait quitté le pays pour se faire opérer aux États-Unis. Cette histoire a beaucoup ému Viktor Orekhov qui se pose bien plus de questions. Comment le gouvernement qu’il aime peut-il détruire ces héros ?
Voilà la goutte qui fait déborder le vase, Viktor Orekhov doit partir du KGB, il ne croit plus en cette cause. Mais on ne s’en va pas du KGB, c’est pourquoi il décide d’aider les dissidents et il s’y attache, il le fait du mieux qu’il peut, mais il a pleinement conscience qu’un jour ou l’autre il pourra être trahi et qu’un dissident pourra donner son nom. Mais il prend le risque et décide d’informer les dissidents de tout ce qu’intente le KGB sur eux. Mais les dissidents ne sont pas conscients que le KGB a les moyens de tous les mettre sur écoute, aussi ils ne montrent guerre prudent et c’est Viktor Orekhov qui risque d’en pâtir.
Et ce à quoi il s’attend ne met guerre de temps à arriver, il s’aperçoit qu’il est suivi par le service de surveillance, ce qui est de très mauvaise augure. Viktor Orekhov est arrêté et condamné à huit ans de camp et il est envoyé dans un camp où les conditions de travail sont réputées très pénibles. En un seul moi, il perd plus de quinze kilos.
Une fois sorti, il a la possibilité de rencontrer les dissidents qu’il a aidé volontairement et involontairement. Ces derniers se jettent sur lui pour le toucher tel une relique sacrée. Une nouvelle vie attend Viktor Orekhov, il fait des conférences de presses et assiste certaines personnes dans leur procès.
Le 10 mai 1995, Viktor Orekhov commet une imprudence, une de ces connaissances à un pistolet factice, un soir Viktor Orekhov met le pistolet dans la voiture. Ils se font arrêter et la police et celle-ci fouille la voiture. Mais l’histoire pourrait en rester là, car à cette époque tout le monde a une arme pour se protéger. Mais quand ils s'aperçoivent que Viktor Orekhov est cet homme qui a fait huit ans de camps pour avoir aidé les dissidents, l’histoire prend une tout autre tournure. Le KGB a là sa vengeance toute trouvée, Viktor Orekhov est de nouveau arrêté et condamné à trois ans d’emprisonnement dans un camp de travail pour récidivistes.
Un groupe est alors créé pour sa défense par les dissidents qu’il avait protégés, tout le monde est sous le choc. Pendant ce temps, Viktor Orekhov travail au camp, mais les dissidents et amis de cet homme réussissent à faire baisser sa peine à une année de camp au lieu de trois prévues. À sa sortie, les médias sont présents, il est décrit comme le héros d’un jour à la population. Mais Viktor Orekhov a conscience que ces anciens collègues n’attendent qu’une chose, se venger et tous ces amis insistent pour qu’il parte, qu’il quitte le pays, car ils savent qu’il est en danger de mort dans son pays. Il s’en va donc en avril 1997 aux États-Unis, il n’a plus le choix, il doit partir.
Voilà la vie et le combat d’un grand homme qui ne regrette rien de ce qu’il a fait, mais il ne se sent pas à l’aise dans un pays qui n’est pas le sien, un pays dans lequel il n’a aucun combat à mener. Il a déménagé peu après l’interview par peur des représailles et par mesure de sécurité.
Combat inégal entre Viktor Orekhov et le KGB a été vue 4393 fois.