Le temps n’est pas une entité tangible, et pourtant chaque être humain en a une conscience bien réelle. Cette conscience du temps conditionne tous les aspects de notre vie mais nous impose des limites étroites.
Seule la technique peut rendre visible ce qui se déroule en dehors de la perception humaine. Des caméras très sophistiquées, équipées de la fonction ralentit sont nécessaires. Ces outils nous permettent de franchir les barrières du temps, derrières lesquelles se cache une autre réalité dont nous ignorons tout. Un monde dans lequel se matérialises des évènements d’ordinaire invisible à l’œil nu. Parce qu’ils se déroulent soit si lentement qu’ils nous semblent immuables soit au contrait si vite qu’ils ont déjà disparut l’instant d’après.
Depuis des milliers d’années, l’Homme cherche à affiner la mesure du temps. Au commencement il s’aidait du soleil et de la Lune. Nos ancêtres les plus lointains se referaient déjà à la course du soleil et construisirent des cadrans qui convertissaient le déplacement des ombres en données temporelles. Parfaitement efficace, mais à condition qu’il fasse jour. Ce sont des instruments d’origines mécanique, indépendant de la météo, qui nous ont ouvert la voie des grandes inventions. Ces mécanismes d’horlogerie reflètent également notre vision du temps.
Nous considérons la régularité du temps comme un repère fondamental autour duquel s’articules toutes les facettes de notre vie. Or le temps est un phénomène difficile à apprendre. Il est d’ailleurs probable qu’il n’existe pas sous la forme que nous lui donnons. Il y a un siècle, Albert Einstein démontrait la relativité du temps, et tous les supporters de foot l’applaudiraient. Car la perception du temps change en fonction du cours du match. La loi du but marqué laisse vite place à l’appréhension : l’équipe qui mène va-t-elle garder son avantage jusqu’au bout ? Dans ce cas, le temps s’écoule avec une lenteur éprouvante. Pour cette moitié du stade, les dernières minutes paraissent une éternité. Tandis que pour l’autre moitié la fin du match approche trop vite. Le temps semble s’être accéléré et s’accélère de plus en plus à chaque minute qui passe sans but d’égalisation. Puis soudain le temps semble suspendre son vol, les moments importants durent toujours un peu plus longtemps.
Même si nous avons parfois l’impression que le temps fluctue de manière étonnante, notre cerveau contient un instrument très précis pour mesurer le temps à la seconde ou à la minute près. Mais il fait partit des fonctions les moins étudiées du cerveau. Lorsque nous tambourinons discrètement du bout du doigt, nous obéissons tous à un rythme à peu près identique, à savoir un coup toutes les demi seconde. A croire que notre cerveau possède une sorte de métronome intégré. Pourtant le cerveau ne semble pas avoir de générateur indépendant qui commanderait ce rythme. On constate au contraire dans les différentes aires du cerveau, une très grande diversité de rythme et d’intervalle. Or une région du cerveau détecte dans ce désordre apparent, un rythme répétitif et l’organise selon un tempo commun, comme un chef d’orchestre synchronise ses musiciens. Le cerveau humain sait parfaitement identifier les plus infimes variations de rythme et les coordonner avec d’autres schémas rythmiques. Lorsqu’une danseuse de flamenco et son guitariste improvisent sur scène, ils restent toujours synchrones même si le rythme change.
Le rythme dicté par notre cerveau détermine également notre perception du temps. Que se passerait-il si nous élargissions ces limites et si nous manipulions le temps ? En quoi le monde changerait-il si nous accélérions le temps ? Et que verrions-nous si nous le freinions ?