Assassinat de Martin Luther KING : un crime d’état ?
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3 avril 1968. Martin Luther King est à Memphis, où il prononce un discours devant une assemblée du Mouvement pour les Droits Civiques, organisation dont il est le leader. A plusieurs reprises il y fait allusion à sa mort, comme s’il en avait le pressentiment. Quelques heures plus tard, dans l’après-midi du 4 avril, il est abattu par un tireur embusqué tandis qu’il sort de sa chambre du Lorraine Motel.
Menée sur les chapeaux de roue, l’enquête aboutit à l’identification du tireur : un certain James Earl RAY. En cavale, celui-ci sera finalement arrêté un an plus tard alors qu’il se trouve en Grande-Bretagne et extradé vers les États-Unis, où il est condamné à perpétuité. Fin de l’histoire ? Non, car pour certains observateurs, James Earl RAY n’était qu’une simple marionnette manipulée par des commanditaires aussi redoutables que puissants. Qui étaient ces personnes ? Pourquoi avaient-elles intérêt à faire disparaître Martin Luther KING ? Seront-elles un jour inquiétées ? Ce documentaire de la série « Assassinats Politiques » fait le point sur cette affaire qui ébranla l’Amérique et le monde.
. Chronique d’une mort annoncée
La première partie du documentaire s’intéresse aux circonstances de la mort de Martin Luther KING à travers les témoignages de plusieurs de ses amis ou collaborateurs : Samuel KYLES, James ORANGE, et Andrew YOUNG. Tous les trois évoquent cet après-midi tragique avec beaucoup de détails et de précisions, ce qui donne un aspect extrêmement réaliste à la reconstitution.
Ils expliquent qu’il était prévu que ML KING dine au motel avant de se rendre à une réunion politique. Le repas tardant à être servi, tous se détendaient sur le parking du motel, s’adonnant à des jeux. Puis, ML KING retourna dans sa chambre, située au premier étage, pour se changer. Lorsqu’il en ressortit, une détonation éclata. Beaucoup pensèrent à un pétard ou à un bruit de pot d’échappement, mais lorsqu’ils virent ML KING s’effondrer, ils durent se rendre à l’évidence : il s’agissait d’un coup de feu.
En se précipitant pour lui porter les premiers secours, ORANGE et YOUNG comprennent rapidement la gravité de la situation : ML KING git dans une mare de sang, défiguré par une horrible blessure au visage. Il ne fait pas le moindre doute qu’il est déjà mort. D’après les témoins qui viennent d’assister au drame, le tireur se trouvait dans un bâtiment voisin, dissimulé derrière une porte d’incendie. Ils ont beau désigner ce bâtiment aux policiers présents, ceux-ci les ignorent et s’agglutinent autour de du cadavre de ML KING, laissant par la même occasion au tireur le temps de fuir.
. Enquête express
Un peu plus tard, sur la base des premiers éléments recueillis, un avis de recherche est lancé sur un homme blanc circulant à bord d’une Ford mustang. On ignore encore son identité. Entretemps, l’annonce de la mort de Martin Luther KING a commencé à faire le tour du monde. L’assassinat de cet apôtre de la non-violence provoque une véritable onde de choc à travers toute la planète. Partisans et opposants de ML KING condamnent unanimement cet acte odieux. L'Amérique est montrée du doigt pour les vieux démons racistes qui l’habitent ; les autorités comprennent alors qu’elles doivent faire vite si elles veulent éteindre l’incendie planétaire que la mort de ML KING vient d’allumer
Dès le lendemain, à Memphis, le ministre de la Justice Ramsey CLARK annonce les premiers résultats de l’enquête lancée par le FBI. Aucun élément ne venant étayer l’hypothèse d’une conspiration, les agents du Bureau Fédéral penchent pour l’acte d’un individu isolé. Très vite, ils ciblent un individu : James Earl RAY, un prisonnier évadé condamné pour une attaque à main armée dans un supermarché. Raciste, violent, l’homme correspond parfaitement au profil dressé par les enquêteurs. Mais cet « assassin idéal » jeté en pâture aux journalistes ne tombe-t-il pas à point nommé pour calmer la frénésie médiatique provoquée par la mort de ML KING ?
. Aux racines du mythe
Mais avant de répondre à cette question, la caméra remonte le temps pour retracer les grandes étapes de la vie et de la carrière de ML KING. 13 ans avant le coup de feu mortel de Memphis, en 1955, ML KING, alors tout jeune pasteur baptiste, prenait ses fonctions dans la paroisse de Montgomery (Alabama). Dans cet état particulièrement conservateur du sud des États-Unis, la ségrégation raciale était encore une réalité bien tangible, 100 ans après l’abolition de l’esclavage. Bars, restaurants, bâtiments publics, écoles, quartiers d’habitation : tout était séparé par une ligne rouge extrêmement nette. Quiconque s’avisait de la franchir s’exposait non seulement à des poursuites judiciaires, mais aussi à la vindicte du tout puissant Ku Klux Klan.
Cette ségrégation régissait aussi les transports en commun : dans les bus, les Noirs étaient parqués à l’arrière tandis que les places de devant étaient réservées aux blancs. C’est de cette façon que débuta l’affaire Rosa PARKS, qui allait propulser Martin Luther KING sur le devant de la scène médiatique. Rosa PARKS, une femme Noire qui avait refusé de céder sa place de bus à un Blanc, avait été arrêtée et mise en prison. En réaction, les Noirs de Montgomery décidèrent de boycotter les transports en commun. En sa qualité de pasteur, Martin Luther KING, alors âgé de 27 ans, fut porté à la tête du Comité de Grève. Ce boycott devait durer une seule journée, mais il se prolongea finalement pendant un an, donnant une visibilité médiatique sans précédent au jeune pasteur Noir.
. Animal politique
En 1956, la Cour Suprême des États-Unis finissait par déclarer inconstitutionnelle la ségrégation dans les transports en commun, permettant au révérend KING de remporter une victoire politique de poids et étendant sa renommée au niveau national. Martin Luther KING apparaît alors de plus en plus fréquemment sur la scène politique. Ce n’est plus le jeune pasteur timoré, aux discours maladroits, de l’époque de la grève des bus, mais un homme que ses collaborateurs décrivent comme littéralement habité par la foi, capable de transcender les foules auxquelles il s’adresse.
KING multiplie les prêches et les déplacements. A l’église le dimanche, on le retrouve dans la rue les autres jours de la semaine, au contact direct de la foule dans laquelle il puise l’inspiration de ses discours. Car Martin Luther KING n’est pas qu’un simple prêcheur, un théoricien aux phrases creuses : c’est aussi, et peut-être surtout, un homme d’action qui veille à ce que ses idées se concrétisent en actes. En quelques années, le meneur de la grève des bus de Montgomery se transforme ainsi en leader d’une vaste organisation qui prendra le nom de Mouvement pour les Droits Civiques.
. Désobéissance civique
La grande force de KING est de ne pas prôner la destruction du système en place par la violence, mais par la désobéissance civile, forme de contestation pacifique. Martin Luther KING et ses partisans réclament pour les Noirs le droit d’accéder aux écoles et aux universités, ainsi que le droit de vote, qui leur était toujours refusé dans de nombreux États. Devant ce mouvement d’une ampleur et d’une forme inédites, la vieille Amérique conservatrice est désemparée : elle a beau lâcher ses policiers contre les hordes de manifestants pour les droits civiques, que peuvent-ils contre des individus qui se laissent arrêter sans opposer la moindre violence ? Très vite, le système carcéral est saturé ; quant à la justice, elle est bien en peine de condamner celles et ceux qui ne se sont rendus coupables d’aucun crime sinon celui de manifester pacifiquement. A mesure que les mois passent, KING devient l’âme de ce mouvement qui ne cesse de s’amplifier. Une véritable lame de fond s’est levée en Amérique, et elle menace de balayer ses institutions.
. Manœuvres secrètes
Face à ce que certaines franges extrémistes considèrent comme un danger mortel, la riposte ne tarde pas à s’organiser. Celle-ci prend la forme d’actions violentes contre les Noirs. Églises dynamitées ou brûlées, coups de feu tirés contre des manifestants pacifiques, lynchages, exécutions sommaires : les vieux démons de l’Amérique raciste se déchaînent contre le mouvement pour les droits civiques et son héraut. KING réchappe de peu à une tentative d’assassinat à l’arme blanche, mais cela ne l’empêche pas de continuer à marteler son discours, sermon après sermon, réunion après réunion, donnant de plus en plus d’ampleur à l’élan contestataire qu’il a suscité.
Si la majorité des crimes racistes commis contre les membres du mouvement pour les droits civiques sont ignorés par une police aux ordres du pouvoir central, en revanche, Martin Luther KING et ses compagnons de lutte font l’objet d’une surveillance toute particulière de la part des autorités. Un homme, notamment, a le pasteur Noir dans sa ligne de mire : il s’agit d’Edgar HOOVER, le tout puissant patron du FBI. Ce dernier a donné des ordres pour que KING et ses collaborateurs soient surveillés en permanence par des agents secrets chargés de rendre compte de leurs moindres faits et gestes.
David GARROW, biographe de Martin Luther KING, évoque les grandes lignes de ce « traitement de faveur » qui lui fut réservé. Convaincu que le mouvement pour les droits civiques était l’une des têtes de l’hydre communiste contre laquelle les Etats Unis livraient un combat sans merci, HOOVER avait arraché au président KENNEDY et à son frère Robert, alors ministre de la Justice, l’autorisation de faire surveiller en permanence KING et ses principaux collaborateurs. Agents infiltrés, militants soudoyés, écoutes téléphoniques, micros-espions : tous les moyens étaient bons pour recueillir un maximum d’informations sur celui que HOOVER considérait comme l’un des principaux ennemis intérieurs de « son » Amérique. Aux yeux du patron du FBI, KING et son mouvement pour les droits civiques incarnaient en effet une force subversive qui devait être éradiquée à tout prix, car elle menaçait la stabilité et la pérennité des institutions. Le credo de ML KING – plus de liberté pour les citoyens et moins de contrôle de la part du gouvernement – avait des accents de blasphème intolérable aux oreilles de HOOVER.
. I have a dream
En 1963, le révérend est précisément au sommet de sa gloire. Sous sa houlette, près de 250 000 Noirs se sont réunis à Washington pour exiger l’abrogation des dernières lois ségrégationnistes. Dans leur combat, ces militants ont été rejoints par des Blancs, simples citoyens épris de justice sociale ou personnalités publiques, comme la chanteuse Joan BAEZ, qui viendra chanter l’hymne du Mouvement, « We shall overcome » à l’occasion de ce meeting. C’est durant celui-ci que ML KING prononcera son discours le plus célèbre, ponctué par la formule « I have a dream », restée depuis dans l’Histoire. Face à l’ampleur de ce mouvement, le président KENNEDY promet la promulgation prochaine d’une loi sur les droits civiques qui enlèverait toute base légale au racisme. Mais JFK sera abattu trois mois plus tard à Dallas. Son successeur, Lyndon JOHNSON, sudiste d’origine et proche de HOOVER, décide quant à lui d’accroitre la surveillance dont ML KING faisait l’objet. L’espionnage dont il est victime prend alors des proportions inimaginables : les agents du FBI vont jusqu’à l’enregistrer et le filmer pendant ses rapports sexuels !
La loi sur les droits civiques sera finalement promulguée par Lyndon JOHNSON en 1964. La même année, KING se voit décerner le Prix Nobel de la Paix, malgré le travail de sape mené en coulisse par HOOVER, qui communiqua aux jurés un dossier refermant tous les détails de la vie sexuelle de KING. Des copies de ces enregistrements très privés furent également remises à la presse américaine, à certains chefs d’état étrangers, et même au pape.
. Ennemi mortel
Cette attribution du Prix Nobel de la Paix à Martin Luther KING transforma l’animosité que lui vouait HOOVER en une haine viscérale. Le patron du FBI intriguait en effet depuis des années pour se faire attribuer ce prix, et voilà qu’un jeune pasteur Noir surgi le l’anonymat le plus complet le lui soufflait au nez et à la barbe. Pour le biographe de KING, il ne fait aucun doute que cet événement contribua à la décision que prit alors HOOVER d’éradiquer Martin Luther KING du paysage politique américain. Le but du patron du FBI était de réunir suffisamment d’éléments compromettants sur le pasteur Noir pour provoquer son « anéantissement moral ». C’est ainsi que selon David GARROW, fin 1964, alors que ML KING s’apprêtait à se voir décerner le Prix Nobel de la Paix, il reçut un colis du FBI contenant un montage audio des passages les plus embarrassants de sa vie privée enregistrés à son insu, ainsi qu’une lettre anonyme l’enjoignant de s’éloigner de la vie politique sous peine de voir ces informations révélées au public. Mais KING ignora l’avertissement : alors au faîte de sa popularité, peut-être se croyait-il intouchable ?
. Entre deux fronts
1965 marque un tournant décisif dans la carrière de ML KING. D’une part, il essaie sans grand succès d’étendre son mouvement pour les droits civiques aux grandes villes du Nord, où il se heurte à la jeunesse blanche d’extrême droite. D’autre part, il doit composer avec l’apparition d’autres mouvements défendant la cause des Noirs, comme celui des Black Panthers, mouvements qui prônent quant à eux la lutte armée. Au cours des deux années suivantes, les quartiers Noirs des grandes villes américaines deviennent ainsi le théâtre d’une véritable guerre raciale. KING a beau condamner avec véhémence l’utilisation de la violence, le mal est fait : toute une partie de l’opinion publique Américaine voit dans les Noirs des ennemis de l’intérieur qu’il faut neutraliser à tout prix. Le temps du rêve de la nation réunie et réconciliée est définitivement terminé : l’Amérique a plus que jamais conscience des fractures qui la minent.
A cette époque, KING va commettre une autre erreur politique en s’opposant ouvertement la guerre du Vietnam. Il devient alors l’ennemi d’un Lyndon JOHNSON plus que jamais sur la défensive et désireux de museler toute forme d’opposition intérieure. Aux yeux d’une certaine Amérique, ML KING passe du statut d’agitateur à celui de traitre : son refus de cautionner la guerre est vécu comme une insulte à la nation.
. La dernière marche
La guerre du Vietnam ne divisait pas seulement l’Amérique entre le camp des « pro » et celui des « anti » : son coût faramineux aggravait également la pauvreté des populations les plus précaires. C’est dans ce contexte explosif que ML KING avait échafaudé l’un de ses projets les plus ambitieux et les plus radicaux : occuper la capitale, Washington, à la tête d’une « armée » de pauvres, quelle que soit leur appartenance raciale. L’idée avait beau paraître chimérique, nombreux étaient les Américains des classes les plus démunies qui y adhéraient, laissant augurer d’une véritable révolte sociale dont KING aurait été le meneur charismatique.
Face à cette menace de plus de plus en plus précise, le gouvernement américain, d’abord sur la défensive, commença à prendre peur. Pour beaucoup, KING devenait un fléau qu’il fallait éradiquer à tout prix. C’est dans ce climat extrêmement tendu que le révérend se rend à Memphis, fin mars 1968 pour préparer sa marche des pauvres sur Washington. A l’époque, les éboueurs de la ville, en majorité Noirs, étaient en grève depuis de nombreux mois pour obtenir des conditions de travail plus décentes. L’arrivée de KING galvanise les troupes, mais pour la première fois les choses vont déraper : lors d’une manifestation, certains participants répondent aux provocations de la police par la violence. Des boutiques sont pillées et incendiées, et un adolescent est tué par balles. L’état de siège est décrété, la Garde Nationale investit la ville. Les travailleurs défilent sous les fusils des soldats en scandant « je suis un être humain ». Le contexte est particulièrement tendu : on attend l’étincelle qui fera exploser cette poudrière.
. Conspiration ?
C’est dans ce climat propice à tous les débordements que ML KING fait son retour à Memphis, le 3 avril. Il s’installe au Lorraine Motel, chambre 306. Loin d’être tenue secrète, son adresse est diffusée par tous les médias, comme si on voulait que quelqu’un sache exactement où le trouver. Autre fait surprenant : les patrouilles de police chargées de surveiller le Lorraine Motel avaient été supprimées, et l’équipe d’inspecteurs Noirs chargés de sa protection rapprochée n’avait pas été mise à sa disposition. Ces ordres émanaient du chef de la police de Memphis, Franck HOLEMAN, qui avait été l’un des proches collaborateurs de HOOVER au FBI. La suite est connue : dans l’après-midi du 4 avril, Martin Luther KING sort de sa chambre d’hôtel pour aller dîner. Un coup de feu éclate. Le leader du Mouvement pour les Droits Civiques s’effondre, blessé à mort. Tout semble s’être déroulé selon un scenario méticuleusement écrit d’avance. KING lui-même, dans le dernier discours qu’il prononça, semblait conscient de l’imminence de sa propre mort : « C’est notre lot à tous d’avoir peur de mourir. Mais si un homme n’a pas trouvé ce pour quoi il est prêt à mourir, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. »
. Entretien avec un tueur
Menée sous le feu des médias, l’enquête criminelle accouche rapidement du nom de James Earl RAY en tant que tireur présumé. Ce petit criminel évadé de prison se trouvait bien à Memphis au moment de l’assassinat de Martin Luther KING, pourtant il a toujours affirmé à sa police qu’il avait appris sa mort en écoutant la radio au volant de sa voiture. Après plusieurs mois de cavale qui le menèrent du Canada à la Grande-Bretagne, en passant par le Portugal, RAY fut finalement arrêté et extradé vers les États-Unis. En 1969, contre toute attente, il avoua le crime en échange d’un marché qui lui permettait d’échapper à la chaise électrique. Mais quelques jours plus tard, il se rétractait. Depuis, il se bat pour gagner le droit d’être rejugé.
Temps fort de ce documentaire : la rencontre avec l’assassin présumé de Martin Luther KING à la prison de Nashville. RAY avait 69 ans lors de cet entretien et souffrait d’une cirrhose au stade terminal. Très marqué physiquement, il n’en faisait pas moins preuve d’une grande combativité face à la caméra, s’affirmant déterminé à prouver son innocence. A ses yeux, la théorie du complot contre Martin Luther KING est une évidence, et il y aurait endossé le rôle de coupable « idéal », fabriqué par le FBI pour empêcher l’enquête criminelle de remonter jusqu’aux véritables commanditaires du meurtre.
Il explique que, s’il se trouvait bien à Memphis au moment de l’assassinat de KING, il n’était pas du tout dans le quartier du Motel Lorraine, mais en train de quitter la ville à bord de son véhicule. Malgré ses dénégations, le procureur John CAMPBELL, aujourd’hui en charge du dossier, affirme qu’il n’est pas question de rouvrir l’enquête. Pour lui, RAY est bien l’assassin de Martin Luther KING. L’enquête a prouvé qu’il se trouvait dans un hôtel voisin de celui où séjournait le révérend, et c’est bien de la chambre qu’il occupait que fut tiré le coup de feu mortel. Photographies à l’appui, il démontre que l’on y disposait d’un excellent angle de tir sur l’endroit où ML KING fut abattu. Des traces de pas relevées à l’intérieur de la baignoire démontrent que l’assassin s’y tenait debout, son arme posée sur l’appui de la fenêtre de la salle de bain. Tout cela prouve sans nul doute que le coup de feu mortel a bien été tiré depuis cet endroit, mais James Earl RAY en était-il l’auteur ?
. Conspiration ?
John BILLINGS, un détective privé qui a enquêté sur l’assassinat de Martin Luther KING, livre une toute autre version des faits. Pour lui les indices relevés dans la chambre de RAY y ont été sciemment déposés afin d’accuser celui-ci, empêchant les enquêteurs de remonter jusqu’au véritable auteur du meurtre. Aucun coup de feu ne fut jamais tiré depuis la fenêtre de la salle de bain de la chambre occupée par RAY ; le véritable tueur se tenait dans un terrain vague envahi par la végétation situé juste en face du motel Lorraine. Plusieurs témoignages de l’époque vont dans ce sens, faisant état d’un mystérieux homme en blanc qui se cachait parmi les arbustes juste après l’assassinat de KING. Ils n’ont jamais été exploités par la police.
La justice préfère s’en tenir à la version livrée par RAY après son arrestation et aux preuves recueillies sur la scène de crime. La pièce la plus importance de l’accusation est la carabine que RAY avait acheté peu avant le meurtre. Pour l’accusation, il ne fait aucun doute que c’est cette arme qui a tiré le coup de feu mortel, bien qu’aucune expertise balistique n’ait pu en apporter la preuve formelle. Elle fut retrouvée dans un paquet contenant quelques autres affaires, à quelques mètres seulement du lieu du crime, près de l’entrée de l’immeuble dans lequel RAY avait loué une chambre. Mais pourquoi celui-ci aurait-il abandonné ce paquet qui l’accusait directement, au lieu de l’emporter avec lui ? Pour BILLINGS, il est évident que ces objets qui incriminent RAY ont été sciemment déposés par ceux qui souhaitaient le faire accuser du meurtre de Martin Luther KING.
D’autres pièces à conviction sont tout aussi mystérieuses, tels les nombreux passeports utilisés par RAY au cours de sa cavale internationale. Ceux-ci attestent qu’il bénéficiait très probablement du soutien des services secrets. BILLINGS pense ainsi que tout fut orchestré depuis le début pour transformer RAY en coupable : il s’échappa de prison grâce à un indicateur du FBI qui le téléguida jusqu’à l’hôtel voisin de celui où Martin Luther KING devait être assassiné, afin qu’il soit présent sur les lieux du crime. De la même façon, sa cavale fut couverte par différents agents secrets, qui savaient à tout moment où le localiser lorsqu’il se trouvait au Canada, au Portugal, puis en Grande-Bretagne. L’un de ces agents – un dénommé RAUL – connu pour ses liens troubles avec la mafia, a été formellement reconnu par RAY comme l’une des personnes l’ayant aidé dans sa fuite. Or, le nom de ce mystérieux – et sulfureux – personnage apparaît également dans l’enquête sur l’assassinat de KENNEDY. Quelques jours avant l’attentat de Dallas, il aurait en effet rencontré le tueur présumé, Lee Harvey OSWALD… Cela prouve-t-il l’existence d’une conspiration de vaste envergure dont KENNEDY et KING auraient été les cibles ? Les preuves directes sont malheureusement trop peu nombreuses pour permettre à ceux qui enquêtent sur ces deux assassinats d’émettre autre chose que des hypothèses.
. « Tuez ce fils de pute »
Un autre témoignage jette un éclairage singulier sur l’assassinat de ML KING. Il s’agit de celui de John Mc FERREN, gérant d’une petite station service située à la périphérie de Memphis. Le jour du meurtre, Mc FERREN surprit quelques bribes d’une conversation téléphonique tenue par un homme d’affaires de Memphis connu pour ses liens supposés avec la mafia, conversation durant laquelle il dit à son correspondant de «tuer ce fils de pute quand il sera sur le balcon ». Or, c’est précisément alors qu’il se trouvait sur le balcon de sa chambre d’hôtel que Martin Luther KING fut abattu. Ce récit est à recouper avec celui d’un autre témoin, qui affirme que le tireur était un policier de Memphis qui aurait reçu ses ordres d’un groupe de conspirateurs du FBI, commandités et payés par la mafia.
Après le meurtre, l’homme en uniforme aurait ainsi pu facilement se mélanger aux autres policiers présents sur place. De la même façon, son statut d’enquêteur lui aurait permis de manipuler les indices, déposant sur place des éléments impliquant James Earl RAY. Ce ne sont là, bien entendu, que des spéculations formulées par ceux qui doutent de la version donnée par l’enquête officielle, mais elles jettent un éclairage extrêmement troublant sur les événements. Seul un nouveau procès de James Earl RAY pourrait permettre d’infirmer ou de confirmer ces théories, mais si longtemps après l’assassinat de Martin Luther KING, alors que la plupart des témoins directs ont disparu, une autre vérité pourrait-elle réellement émerger ?
. Omerta
Martin Luther KING III, fils cadet de ML KING, est convaincu que oui. Mais d’après lui, l’enquête sur l’assassinat de son père ne sera jamais rouverte, car cela impliquerait trop de personnes appartenant aux plus hautes sphères du pouvoir politique. L’omerta est donc de rigueur. Sur la base des informations qu’il a pu recueillir, il pense que son père fut victime d’un complot orchestré à la fois par le FBI, les militaires, et certains membres de la mafia, mais là encore, ces accusations sont sans fondement réel. Seul un réexamen complet du dossier pourrait permettre de réécrire l’histoire de l’assassinat de Martin Luther KING. Mais, comme si elles avaient peur des remous que cela pouvait provoquer, les autorités ont décidé dans les années 70 de mettre sous scellés pour 50 ans tous les éléments du dossier. Il faudra donc attendre jusqu’en 2027 pour découvrir le véritable meurtrier de Martin Luther KING, à supposer que celui-ci ne soit pas James Earl RAY… En attendant, l’assassinat du leader du Mouvement pour les Droits Civiques continuera à attiser les passions entre partisans de la version officielle et adeptes de la théorie du complot.
Assassinat de Martin Luther KING : un crime d’état ? a été vue 2746 fois.
kaishedi - 40 ans - 19 pts - aucune vidéo - Nouveau - 21 Dec 11 14:46:18
Conviction : Convaincu
Message supprimé par Mulder.
- Bonsoir kaishedi. Encore une fois, pourriez-vous svp faire un réel effort concernant votre orthographe. Tout cela est clairement indiqué dans les règles de ce site que je vous invite à lire.
extraterreàterre - 24 ans - 48 pts - aucune vidéo - Nouveau - 21 Dec 11 01:00:28
Conviction : Entre deux
+1 avec Gegecat.
C'est tout de même scandaleux de voir que les "hautes sphères" de notre société (comme ils se baptisent.) sont tous des cons. Militaires, politiciens, ...